Réorganisation stratégique des Bourses

Voici un article de Jennifer Nille, journaliste et auteur du blog Fair Trade dont l’objectif est de faire découvrir le monde obscur du trading. Jennifer décrit comment les dark pools, algo-traders, MTFs,… fonctionnent, et ce qu’ils entraînent comme changement sur les marchés. Les autres acteurs (régulateurs et Bourses traditionnelles) sont également épinglés.

Il n’y a pas si longtemps que cela, dans une galaxie où Chi-X et BATS n’existaient pas encore, les Bourses comme le London Stock Exchange et Euronext dénonçaient le modèle vertical, en silo, de Deutsche Börse.

Le groupe allemand prônait fièrement déjà à l’époque les avantages de ce modèle, où toute la chaîne des transactions (de la négociation, au règlement-livraison en passant par la compensation) est assurée par celui-ci.

Les arguments d’Euronext et du LSE s’avéraient purement défensifs. En 2004, la Bourse allemande a tenté de s’emparer du joyau de la City, puis, sous la pression de ses actionnaires (TCI et Atticus Capital), d’Euronext. Ils estimaient que le modèle de Deutsche Börse ne pouvait pas s’accorder avec le leur.

Le LSE et Euronext utilisent LCH.Clearnet pour la compensation et Euroclear comme organisme de règlement-livraison et banque de dépôt. Deux sociétés indépendantes, même si  les deux Bourses sont actionnaires de celles-ci. En face, Eurex Clearing et Clearstream assurent la même tâche pour Deutsche Börse. A la différence que celles-ci sont ses filiales.

Depuis, la compétition féroce sur le trading dûe à Chi-X et consorts ont poussé les Bourses à revoir leur modèle. Le 12 mai, NYSE Euronext a annoncé son intention de mettre fin au partenariat avec LCH. Clearnet. Et lors de la présentation des résultats préliminaires du LSE, le 21 mai, le CEO Xavier Rolet (photo) a indiqué qu’il révisait cette relation.

Signe du déclin pour LCH.Clearnet, S&P a placé sa note sous surveillance négative deux jours après l’annonce de NYSE Euronext.

Le groupe transatlantique mise sur sa relation avec ses clients banquiers pour trouver un remplaçant à LCH.Clearnet. Mais le LSE lui envisage de reproduire le même modèle que Deutsche Börse. Les titres italiens (le LSE détient Borsa Italiana) fonctionnent sur ce modèle en silo.

L’avantage de ce modèle? Deutsche Börse peut proposer des offres croisées sur les dérivés et le cash, et éviter de toucher trop à ses tarifs de la sorte. Hormis les deux derniers trimestres, le groupe a publié des bénéfices depuis 2007.  Le LSE et NYSE Euronext ne peuvent pas en dire autant.
Il faudra bien évidemment que le LSE possède son propre marché de dérivés. Le Joyau de la City doit encore se mordre les doigts d’avoir laissé filer le London International Financial Futures à Euronext. Mais Xavier Rolet y travaille.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>