Extrait conférence sur le Trading Haute Fréquence

 

Voici un extrait de la conférence de Nicolas Vitale sur le Trading Haute Fréquence donnée au Salon du Trading 2012.

 

Un compte rendu du Salon du Trading avec photos, vidéos et quelques extraits de nos conférences se trouvent par ici.

 

Voici le résumé de la conférence sur le Trading Haute Fréquence par Vincent de Blog-Trading.fr

Edito Mai 2012: Rencontres trading automatique

 

Nicolas Vitale

Si cet edito du mois de mai arrive aussi tard, c’est parce que nous n’avons pas eu le temps de nous ennuyer!

Les membre de Trading Automatique sont eu en effet l’opportunité de se réunir pour une première fois à Lyon lors de l’université Pro-AT 2012. Entre trading et gastronomie, les deux jours de rencontre furent intensifs! Se fut un réel plaisir de pouvoir mettre un visage sur les pseudos les plus en vue du forum et je remercie donc tous les participants qui ont fait les chemins des quatres coins de la France, ou d’Europe….

Bien que nous soyons tous sortis rassasiés du Bouchon des Filles (non sans avoir traumatisé au passage les tables voisines par nos discutions), il en fallait plus pour l’être aussi du trading automatique!

Par conséquent, de cette rencontre sont naits plusieurs initiatives, dont un groupe de travail commun (et ses sous-groupes) et la préparation de notre prochaine rencontre Trading Automatique. J’encourage tous les motivés à nous rejoindre pour faire perdurer ce dynamisme.

Cette rencontre avec des traders manuels, discrétionnaires pour la plupart, fut aussi très instructives. Tout d’abord, si une conclusion unique doit en être tirée, le trading automatique suscite désormais beaucoup d’intéret… ou de craintes. Il se trouve au coeur de la majorité des discutions, des débats et des polémiques. A la une des médias, le trading haute fréquence, nouveau responsable de tous les maux, est sur toute les lèvres et éclipse malheureusement les vrais sujets.

Trois ans après, l’article des 5 contre-vérités autours du trading automatique reste toujours autant d’actualité… Mais désormais la plupart des traders ont compris qu’ils avaient un intérêt à automatiser au moins une partie de leur activité sans valeur ajoutée cérébrale…

Un point qui retient beacoup de traders manuels à passer le cap du trading automatique est paradoxalement un blocage… psychologique. Le trading automatique serait synonyme de la perte de contrôle humain et de risques démultipliés. Vous expliquerez cela au patron de ce trader qui a acheté le tier de la production de l’OPEP après une nuit trop arrosée… Certes, il est possible de faire n’importe quoi… comme en trading manuel. Les sécurités et le contrôle doivent être les bases du passage en réél, avant la vitesse, comme nous l’expliquions dans notre édito de décembre “La vitesse, et c’est tout?”. Sinon le risque est de se retrouver à la place de ce malheureux trader!

Une autre conclusion de mes échanges avec quelques gestionnaires rencontrés à Lyon est l’inadéquation des outils et services actuels à un trading automatique professionel, sérieux et pratique pour de la gestion multi-compte et multi-broker. Cela tombe bien car nous sommes justement en train de travailler sur notre offre “Alpha In a Box” qui permettra de subvenir aux besoins des professionnels: gestionnaires et hedge funds de petites et moyenne taille. N’hésitez pas à nous contacter si ce sujet vous interpelle.

Bon trading à tous!

Nicolas Vitale
Trading Automatique et Automated Trading
Directeur de Alpha Novae

Il y a un an : Edito Mai 2011 : Une vraie jungle électronique…

Il y a deux ans: Edito Mai 2010 : FAP Turbo, ou trading Blackbox vs Whitebox

Retrouvez tous les Editos de Trading Automatique ici.

Le Quote Stuffing

Articles précédents en rapport avec le flash crash :

Accenture crash : sweeping order et stub quote

Analyse du Flash Crash du 6 Mai 2010 – Partie I : La journée du 6 mai

Poursuivons donc notre études post flash crash du monde du trading haute fréquence (HFT, High Frequency Trading) en nous intéressant cette fois ci au quote stuffing (bourrage de cotations littéralement…).

Il est possible de plus en plus souvent de trouver des Echanges qui envoient un nombre extrêmement élevé de cotations à la seconde pour une même action, à savoir 5000 cotations en une seule seconde! Durant le 6 mai, des centaines d’actions ont eu plus de 1000 cotations en une seconde. Mais le plus déroutant est l’absence de justifications économiques sous-jaccentes.  Dans la plupart des cas, le bid/ask est bien en dehors du meilleur bid/ask national (NBBO).

Ces “burst” de cotations sont générés en toute vraissemblance par les automates de trading haute fréquence. Mais à quoi peuvent-ils bien servir? Une hypothèse probable est de les considérer comme des vestiges de la guerre que se mène les systèmes de tradiing haute fréquence. En effet, les automates HFT jouent la course à la vitesse, et à l’échelle de la milliseconde, tous les moyens sont bons pour passer devant les concurrents.

Une première solution est de prendre les machines les plus rapides et les cerveaux les plus intelligents pour coder les systèmes, puis de faire tourner les automates directement sur la place de marché (collocation). Et quant tout cela ne suffit pas, il faut savoir faire un croche en jambe à son adversaire juste avant la ligne d’arrivée…

Comment? En faisant du quote stuffing bien entendu. Votre automate génère une énorme série de cotations inutiles qu’il va lui même ignorer. Par contre votre concurrent va devoir toute les traiter et le temps qu’il y arrive vous serez passé devant…

Voici un début de tableau de chasse relevé par Nanex et que vous pourrez approfondir ici.

 

07-29-10
BATS “Flag Repeater”. 15,000 quotes in 11 seconds, dropping the ASK price 1 penny each quote from $9.36 to $8.58 and back up again.

07-29-10
“The Crown”. While not a large number of quotes, this NASDAQ/BATS Bidsize sequence was just too unusual to bypass.

07-28-10
BATS “Batsicles”. BATS price cycling through a large price range, each intermittent with a stub quote, drop it down and start over.

07-27-10
NASDAQ “Blotter”. One of the more unusual repeating Asksize cycles.

07-23-10
BATS “Stubby Triangles”. Drop the quote from a valid price to 0.001 and then back up to a lower price level. When the new price level hits 0.001 as well, do it all over again at approx. 380 times a second.

07-23-10
NASDAQ “Flutter”. 4000 quotes in 2 seconds, alternating the bid price/size in 3 increments and effecting the Best Bid along the way.

07-23-10
BATS “Periscopes”. 8000 quotes in 3 seconds, alternating the bid price each quote. Pop the size up 1 every second or so.

07-22-10
NASDAQ “Double Dip”. Symbol SH. 10,000 Quotes in 4 seconds, each affecting the Best Bid.

07-19-10
NASDAQ “Racing Stripe”. Symbol WYNN. 2000 Quotes in one second, each affecting the Best Ask.

07-19-10
PACIFIC “Puzzle Pieces”. Symbol IIC.

07-14-10
NASDAQ “Blue Bandsaw”. Symbol SHG. (760 quotes in 1 second, taken from a total sampling of 10,000 quotes in 12 seconds).

07-13-10
BATS “60-Step”. Symbol SAH. Take sixty steps up (a penny at a time) and one step down (0.60), reset and do it all over again (at approx. 700 times per second).

07-12-10
NASDAQ “Ask Mountain”. Symbol IAU. Over 56,000 quotes in 10 seconds, all with same Ask Price and the Ask Size increasing or decreasing by 1 (to almost 40,000!).

Analyse du Flash Crash du 6 Mai 2010 – Partie I : La journée du 6 mai

Cet article est une traduction/adaptation de l’analyse réalisée par Nanex LLC dont la version originale est publiée ici. Nanex est le créateur et développeur de NxCore, un flux de données multi marchés associé à une API très intuitive. Nanex développe NxCore ainsi que les applications associées à cette plateforme.

Retrouvez un suivi temps réel de l’analyse du flash crash sur notre forum.

Durant l’après midi du 6 mai 2010, le Dow jones Industrial Average a chutté d’approximativement 600 points (5,7%) avant de les regagner très rapidement. D’autres marchés majeurs ont subi le même type de pertes. Nous avons lu de nombreux articles tentant d’expliqué ce qui s’est passé ainsi que le rappot de la SEC “Preliminary Findings Regarding the Market Events of May 6, 2010”. Voici donc notre analyse.

Il y a 9 Marchés qui routent les ordres des actions cotées au NYSE : NYSE, Nasdaq, ISE, BATS, Boston, Cincinnati (National Stock Exchange), CBOE, ARCA et Chicago. Chaque Marché propose un prix d’offre et de demande pour chaque action qu’il souhaite lister. Le bid le plus élevé devient le meilleur bid national et le ask le plus bas est le meilleur ask national.

Les marchés sont en rudes compétition pour proposer les meilleurs offres et demandes nationales car ils recevront alors les flots d’ordres cherchant l’exécution. Ce qu’ils cherchent par contre à éviter à tout prix et le “crossing” avec les autres marchés (un bid plus élevé que le ask d’un autre marché ou inversement) car ils seraient alors à la portée d’un arbitrage buy/sell évidant à la portée des programmes Hautes Fréquences capturant la différence en tant que profit immédiat. A ce jour, il es très rare de pouvoir observer de tels crossing durer plus que quelques millisecondes.

Graphique 1-a: Nombre total des actions du NYSE avec un Ask inférieur au meilleur bid

Graphique 1-b: Nombre total des actions du NYSE avec un Bid supérieur au meilleur Ask

 

Le 6 Mai, à 14:42:46, les bids du NYSE ont commencé à croiser à la hausse le meilleur Ask national pour 100 actions listées au NYSE, chiffre qui s’est étendu à 250 actions dans les 2 minutes (cf graphique 1-b ci dessous). Une inspection détaillée indique que les cotations du NYSE ont commencé à être retardées par rapport aux autres marchés : leurs bids ne plongeaient pas assez rapidement pour suivre les autres Echanges et rester en dessous de leurs offres. Pourtant le timestamp des cotations du NYSE correspondait à ceux des autres Marchés, indiquant qu’elles étaient valides et fraiches.

Avec les Bid du NYSE au dessus des Ask des autres Echanges, les systèmes Hautes Fréquences tentent de tirer profit de ces différences en envoyant des ordres buy sur les autres Marchés et des sell sur le NYSE. Le NYSE se retrouve alors sous une très forte poussée baissière au niveau des actions en crossing.

Quelques minutes plus tard, l’exécution des trades sur le NYSE était réalisée à un prix légèrement inférieur au meilleur Bid national, matérialisant des nouveaux bas pour la journée (cf graphique 2). Ceci est surprenant et non attendu car les prix d’exécution auraient du être supérieurs pour correspondre au plus haut bid proposé par le NYSE, à moins que les timestamps ne reflètent pas réellement quand les cotations et les trades ont eu lieu.

 

Graphique 2: Nombre total des trades du NYSE exécutés en dessous du meilleur Bid

 

Si les cotations envoyées par le NYSE étaient bloquées dans une file d’attente pour transmission et étaient marquées temporellement seulement à la sortie de la file d’attente, alors toutes les inconsistences disparaissent et tout s’explique. En fait cette situation s’est déjà produite à 2 occasions : le 30 octobre 2009 et le 28 janvier 2010. (cf prochain article).

La représentation graphique du nombre de cross bid/ask lors de ces deux jours présente le même comportement que le 5 mai. Observer le détail des trades et des cotations montre également les mêmes anomalies temps/prix. Et le NYSE avait déclaré au même moment qu’ils avaient des problèmes de retard dans la propagation des cotations!

En résumé, les cotations du NYSE sont rentrées dans les files d’attente mais étant donné qu’elles n’étaient marquées temporellement qu’à leur sortie, les délais n’étaient pas détectables par les systèmes de trading traitant les cotations en temps réel. Le 5 mai 2010, le délai était suffisamment important pour déplacer légèrement le bid du NYSE à un prix légèrement supérieur que le meilleur ask global à tous les échanges, d’une manière assez discrète pour ne pas être repérée. Ceci a provoqué le routage immédiat d’un flot d’ordres de vente vers le NYSE faisant disparaitre toute force d’achat qui existait sur les autres Echanges. Lorsque tous ces ordres ventes arrivèrent sur le NYSE, le bid actuel était plus bas car les nouvelles cotations plus basses étaient toujours en train d’attendre de pouvoir sortir de la file d’attente pour diffusion.

Cette situation a amené les ordres à être exécutés contre n’importe quel ordres d’achats existant sur le carnet d’ordre market maker du NYSE (DMM). Quand un trade est exécuté, il est reporté à un différent système (CTS) et ensuite cote (CQS). Puisque le rapport de traffic des trades est beaucoup moins important que celui des cotations, il n’y a que rarement des délais dans ces files d’attente.

Etant donné que les actions impliquées étaient de grosses capitalisations, représentaient une large gamme d’industries, et que les cotations du NYSE sont associées à une plus grande crédibilité de la part des systèmes de trading, dès que les résultats eurent été publiées, les programmes de trading ont detecté rapidement le mouvement de phute et sont passées automatiquement vendeurs pour capturer le momentum bear se développant. Ceci a causé par la suite la panique et le mouvement qui s’en est suivie.

Certains acteurs ont déclaré avoir détecté un problème dans la validité des flux données et ont décidé de couper leurs systèmes, ce qui a entrainé une réduction de la liquiditée. nous pensons que le délai dans les cotations de NYSE sont à l’origine de cette détection.

Nous étudierons dans de prochains articles les cas similaires qui se sont produits auparavant, le quote stuffing (bourrage de cotations littéralement…) qui a une part de responsabilité dans ces évènements, d’autres théories ayant pour ambition d’expliquer le flash crash et nous finirons par une liste de recommandations pour prévenir l’apparition de nouveaux évènements de ce type.


Nombre de cotations HF pour les divers Echanges
( Une unité représente 150 cotations ou plus par seconde pour un même titre et Echange)



Nombre de cotations HF pour les divers Echanges en format barres

Nombre de cotations dupliquées sur les divers Echanges

Débat trading haute fréquence vs trading traditionnel

 

Voici un débat intéressant et très animé ayant eu lieu récemment sur la chaine américaine CNBC entre un représentant des traders traditionnels et un représentant des traders hautes fréquences.

 

Et voici une vidéo très pédagogique bien qu’évidemment un peu réductrice de Marketplace sur Vimeo. Je tiens à rapeler que la trading haute fréquence ne repose pas que sur les ordres flashs qui sont bannis par la SEC.

 


C’est quoi le trading haute fréquence

 

Voici le résumé de ma conférence sur le Trading Haute Fréquence par Vincent de Blog-Trading.fr

S’il y a un secteur du trading automatique qui fait énormément parler de lui en ce moment, c’est bien celui du trading haute fréquence. Bien que ce type de trading électronique existe depuis de nombreuses années et emploie de nombreux ingénieurs que ça soit dans le domaine de la finance et des mathématiques pures ou de l’informatique au sens large, l’actualité récente l’a mis sous le feu des projecteurs (et nous en avons déjà parlé sur Trading Automatique ici).

L’affaire Goldman/Aleynikov ou comment un informaticien/mathématicien de génie russe développe un programme de trading haute fréquence qui fait gagner des gros sous à Goldman et garde ensuite le code dans ses poches alors qu’il change d’employeur pour y obtenir un salaire beaucoup plus important que son précédent (déjà important…) salaire. L’intéressé a été arrêté par le FBI à l’aéroport. Bref, une histoire de vol de propriété intellectuelle presque banale si ce n’est qu’elle a mis sous le feu des projecteur le fait que les banques pouvaient encore faire de l’argent en ces temps de crise, ce qui gêne évidemment l’opinion publique. Argent étant synonyme de spéculation et qui en était l’initiateur: le trading haute fréquence.

L’opinion publique et celle du milieu des affaires étant concentré sur le sujet, les hommes politiques n’ont pu y rester insensibles et ont alors réveillé la SEC qui est l’organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers. C’est en quelque sorte le « gendarme de la Bourse » américain, aux fonctions généralement similaires à celles de l’AMF français. Celle ci, tirée de son sommeil diront les médisants, est alors  tombée des nues en apprenant qu’il existait des ordres flash (“flash order”) et a décidé de sévir en les bannissant. Finalement les marchés comme le Nasdaq ont suivi cette recommandation par eux même. C’est quoi les ordres flashs? Ce sont des types d’ordre qui sont placés sur un ECN pendant un bref instant avant d’être propagés à tous les autres ECN. L’information qui est non-publique est le placement initial de l’ordre flash sur le premier ECN. Tous les membres de cet ECN sont conscients que cet ordre sera propagé sur les autres ECN, ce qui leur procure un avantage potentiel exploité par des programmes de trading haute fréquence.

On peut grosso modo imaginer (et résumer ou simplifier) le trading haute fréquence comme du market making à vitesse accélérée (on parle de millisecondes ici). Ses défenseurs soulignent d’une part qu’il apporte un surpplus de liquidités que les marchés apprécient et rémunèrent, et d’autre part qu’il rend le marché un peu plus efficient en éliminant de plus en plus les possibilités d’arbitrage. Au contraire, ses délateurs estiment qu’il fausse l’équité entre les opérateurs. Les traders classiques feraient face à une concurrence déloyale. Ceux ayant une meilleur connexion et un meilleur accès au marché étant privilégié (à savoir les automates de trading hautes fréquences). D’après ces personnes, l’avantage serait donné à la spéculation plutôt qu’à l’investissement.

L’objectif de cet article n’est pas de débattre pour ou contre le trading haute fréquence. D’autres le font très bien pour nous et je préfère vous donner le maximum de cartes en main pour juger par vous même.

Voici une vidéo de Marketplace sur Vimeo.

 

 

Voici une autre vidéo tirée de Bloomberg sur le trading haute fréquence :

 

Le spectre des fréquences de trading

 

Voici la traduction d’un post de Tito Ingargiola du blog “Hack the market” dont des articles ont déjà été traduits sur le site (cf la série intitulée le miroir aux alouettes de l’optimisation et l’article Rassembler les pièces d’un système de trading algorithmique). Tito Ingargiola a décidé de quitter en 2005 sa position de spécialiste en technologie a Wall Street pour créer Puppetmaster Trading et poursuivre ainsi à temps plein son intérêt croissant pour le trading algorithmique.

Post Original: the trading frequency spectrum

J’avais l’idée d’écrire un article de ce genre depuis une conversation que j’ai eue à Jerusalem à l’automne dernier.  Le récent coup de projecteur que l’on fait au trading haute fréquence et à tous ses maux m’a rapelé la pertinence de ce sujet et je vais donc vous livrer certaines de mes pensées, au risque de me faire accuser de désinformation.

 

Pour commencer, la conversation. C’était avec un homme talentueux qui était le CFO de nombreuses entreprises incluant une petite startup de hedge fund qui tradait à haute fréquence les equities US. Bien qu’il n’était qu’un CFO à temps partiel, il semblait être assez bien au courant de leurs opérations de trading et il a remarqué qu’ils utilisaient les service d’un “agence only” broker pour des automates de trading auquels je suis familiers et qu’ils analysaient des données complètes pour des centaines d’action de manière concurente. Il m’a signalé que leur trading se portait bien mais que leur “hit rate” était autours de 4% et en baisse. Par “hit rate”, il signifiait qu’il placait des ordres limites fréquemment et généralement annulé ces ordres s’ils n’étaient pas touchés immédiatement. Il ne me l’a pas spécifié, mais j’imagine que par “immédiatement” il entendait de quelques millisecondes jusqu’à une seconde ou vingt. Si le marché est composé de “makers” et de “takers”, alors ces gars étaient définitivement des faiseurs de liquidité dans le sens strict du terme puisqu’ils placaient des ordres limites et faisaient le marché.

A l’époque j’ai pensé que c’était intéressant car il semblait que tellement de monde était concentré sur les trades de très, très court terme, que la fréquence était en train de devenir saturée. C’était un rappel que les fréquences de trading remplissent un spectre et que dans ce cas, cette partie du spectre était en train de devenir tellement saturée qu’en obtenir un retour devient de plus en plus difficile au fure et à mesure que de plus en plus de participants viennent rejoindre la foule. Je ne suis pas certain de la manière dont ce hedge fund s’en est sorti, mais à l’époque je me rapelle penser que ça allait être réellement difficile pour eux au niveau de la concurrence s’ils ne pratiquaient que du trading haute féquence. Remplir ce spectre devient de plus en plus couteux en technologie et en talent, maintenant que la course est clairement lancée.

Lo et Khandani ont réalisé l’image ci dessous illustrant ce phénomène survenant à une classe de stratégie contrarienne que Lo & MacKinlay avait décrit en 1990. Les sratégies s’arrêtent de fonctionner au fure et à mesure que les participants réduisent l’alpha.

Ma conversation de Jerusalem m’a principalement fait penser que nous allons observer un phénomène similaire parmis les stratégies de trading hautes fréquences.

Qu’est ce que cela signifie pour une stratégie d’être haute fréquence? Tout d’abord, c’est une large classe de stratégies qui ne devrait probablement pas être traitée uniformément. Ce qu’elles ont en commun est l’intention de trader l’entrée et la sortie de position sur une base fréquente qui va de la sous-seconde à peut être quelques secondes ou même minutes dans des cas particulièrements heureux.

Outre le fait que l’on peut trader à de nombreuses fréquences, on peut les mélanger et même être à peine conscient de le faire. Un fond mutuel basé sur le fondamental et prenant uniquement des positions à l’achat (c’est à dire pas un trader algo ou haute fréquence) peut appeler/faxer/mailer/utiliser le FTP ou le protocole FIX pour passer ses trades à son broker qui peut ensuite exécuter ces trades avec leur algos propriétaires ou achetées. Ces algos peuvent faire appel à des analyses du marché très astucieuses pour procurer une bonne exécution à leurs clients. Ou bien ils peuvent trader contre leur client pour gagner de l’argent ou encore les deux.

Dans tous les cas, il me semble clair qu’il n’y a rien d’intrinsèquement mauvais dans le trading haute-fréquence lui même. Les gens essaieront toujours de réagir à l’information le plus rapidement possible. Pourquoi ne le feraient-ils pas ou ne devraient-ils pas le faire? Ils aiment aussi être intelligent. Encore une fois, pourquoi ceci ne devrait-il pas être le cas? Je me rapelle Lefevre racontant l’utilisation de télétypes personnels par les gros spéculateurs au début du siècle dernier. Ce qui n’était évidemment pas à l’époque un objet de la vie courrante. Je me le rapelle aussi raconter des stratégies pour déplacer de larges positions, ce qui incluait à la foi d’acheter et de vendre pour cacher son jeu. Pourquoi les algos ne feraient-ils pas la même chose et encore plus?

Un des aspects que ma conversation évince est le type de business model employé par les brokers. Comme je l’ai dit, ce petit hedge fund haute fréquence utilisait un “agence-only” broker qui s’adresse à des traders algo et haute fréquence. Pourquoi est-il important de préciser que c’est “agency-only”? Parce que, comme le cas Goldman/Aleynikov l’illustre bien, les stratégies sont organisationnellement poreuses dans le sens que leur valeur s’égoutte au fure et à mesure que le capital humain derrière elles se déplace d’organisations à organisations et que la compréhension de leurs strates internes s’épend à l’extérieur de l’organisation. C’est probablement la dynamique qui a provoqué l’exemple de Lo ci dessus: toujours plus de traders se sont mis à employer des stratégies similaires au fure et à mesure que la “fuite” s’est éloignée de ses sources originales. Si je vois toute votre activité de trading en détails suffisants, il y a de fortes chances que je pourrai être capable de faire de la rétro ingénierie et de vous voler votre alpha.

C’est pourquoi, les traders sont heureux de ne pas faire de publicités sur le comportement de leur stratégie. Donc, un “agence-only” broker qui ne s’engage pas lui même dans des activités de prop trading, devrait inspirer la confiance à ses clients potentiels.

Parfait! Quel business model honnête! Mais il y a une ironie ici et celà pointe sur les types de problèmes réels que nos régulateurs devraient plutôt étudier. Le “agence-only” broker que j’ai mentionné n’était pas “self-clearing” (compensé par lui même). C’est à dire qu’il utilisait un autre broker (Goldman dans ce cas) pour remplir ses devoirs de back office. Et devinait quoi? Goldman est tout sauf “agence only”. Donc, les clients qui étaient rassurés et tranquiles de traiter avec des boutiques “agence-only” sont en fait en train d’exposer toutes leurs activités à un prédateur prop trader particulièrement sophistiqué… C’est comme les pubs de Guiness (NDLR: si quelqu’un connait ces pubs qu’il me fasse un signe…).

Il m’est assez amusant de voir que, pendant qu’ils sont assis sur un trou de plusieurs trilions de dollars de la balance de notre FED,  des hippies comme Fox News, Bloomberg (sollicité pour le trouver) et notre congrès US (qui le demande poliment) ne parviennent pas à soutirer une explication des autorités compétentes, et que dans le même temps, la blogosphère et les régulateurs semblent concentrer leurs invectives sur les vendeurs à découvert, les hedge funds ou les traders haute fréquence.

 

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Traduction: Nicolas Vitale