Compte rendu de la Global Algorithmic Trading conference à l’UCL

Mise à jour le 04/07/2011 ( voire plus bas précisions concernant la compétition )

 

Vous saviez sans doute que l’équipe Alpha Novae était representé lors de la Global Algorithmic Trading Competition conference a l’UCL et bien pour vous lecteurs de Trading Automatique nous avons décidé de vous faire un petit compte rendu de ce que nous avons vu et entendu. Un petit voyage au coeur de Londres en quelque sorte ( l’eurostar et les fish & ships en moins ).

Pour ceux qui n’ont pas suivi, la conférence en question se déroulait au sein de UCL ( University College of London ), une université prestigieuse réputée tant pour la qualité de son enseignement que pour ses recherches dans des domaines très variés. La conférence en elle même était axée autour du trading algorithmique “professionnel” et donc plus sur le trading algorithmique ou le High Frequency Trading institutionnel que sur le trading automatique tel que nous le connaissons sur MT4 ;). Tout au long de la journée se sont succédés des représentants de Microsoft, Barclays Capital, City, Knight ou encore LMAX lors de petites présentations de 20 minutes. J’essaierai donc ici de vous donner un petit aperçu de ce sur quoi travaille tout ce beau monde ( enfin ce qu’ils veulent bien nous dévoiler ).

Tout d’abord commençons par une petite visite du campus de UCL. (University College of London)

 

Vous voyez ici l’entrée principale de la célèbre université. A noter pour tous les étudiants qui nous lisent que UCL est à ce jour la seule université ( au moins européenne ) à proposer des formations dans le domaine du trading algorithmique, notamment avec le MSc in Finantial Computing. En 2010, UCL est classée 4ème meilleure université mondiale par le QS World University Rankings, 21ème par le Academic Ranking of World Universities et 22ème dans le monde par le Times Higher Education World University Rankings. Au niveau européen, elle est classée respectivement 2ème, 3ème et 5ème par les mêmes classements. Si vous êtes passionné par le trading automatique et que vous déplorez le manque de formations proposés en France, voila une alternative qui me parait des plus intéressante ( attention toutefois aux frais de scolarité et aux conditions d’admission ). En ce qui nous concernait la conférence avait naturellement lieu dans le département “computer science” de l’université qui bien qu’un peu dure à trouver  s’est révélé très fonctionnel et bien équipé.

Rentrons maintenant dans le vif du sujet. Voila maintenant mon petit compte rendu des différentes présentations auxquelles nous avons assisté :

La première intervention était assurée par un professeur de UCL du nom de Philip Treleaven. Celui ci commença par nous rappeler à quel point le trading algorithmique faisait maintenant parti intégrante des marchés puisqu’il représenterait aux US entre 60 et 70% du volumes des trades sur les actions. Si toutes ces positions ont été ouvertes automatiquement il convient néanmoins de différencier les simples algorithmes d’executions, les activites de market making ou d’arbitrage et les fameuses black box. Car ce sont bien ici l’alpha et la modélisation de stratégies génératrices de profits qui nous intéressent. Voici un shéma d’un système de trading automatique telle qu’il nous l’a été présenté.

Donc selon ce même professeur les flux de données seraient en quelque sorte à nos boites noires ce que le sang est à l’humain. “the more data you have, the more success” ajouta-t-il. Et si les stratégies classiques utilisent aujourd’hui pour données les cours des instruments tradés, l’intervenant insistait sur l’opportunité que représenterait l’ajout de données de type “social” dans nos boites noires ( des informations de news ou encore des données tirées de réseaux sociaux comme twitter).

 

La seconde présentation était donné par Chris Donnan de chez Barclays Capital. On y apprenait que pour réaliser des profits dans le milieu archi-concurrentiel du trading algorithmique, Barclays travaille essentiellement sur 4 facteurs : le hardware ( plus de 800 machines dédiées ) le software ( avec un framework développé pour et  par Barclays ) le networking (echanger le plus rapidement possible) et le relationships ( l’échange entre traders quants et autres analystes ). Le quant desk arriverait ainsi à placer 8 trades à la seconde et réaliserait entre 200 et 250 milles transactions par jour ( si ça c’est pas du HFT…). Le monsieur concluait ainsi “The technology is really the core of the business” même s’il soulignait que les 3 autres facteurs dont nous parlions plus haut étaient aussi des pieces essentielles dans le puzzle du trading algorithmique. Pour finir j’ajouterai une autre petite citation “Working in automated trading is exciting as they are big hairy puzzles to solve”

 

La troisième intervention présentait le concours lancé par UCL et tous ses sponsors autour du trading automatique. C’est une compétition des plus attrayante puisque comme le soulignait l’intervenant, les 20 000 pounds de cash prize sont finalement peu comparé à ce que gagnera le vaincoeur qui pourra se vanter sur son CV d’être arrivé premier. J’encouragerai ainsi tous les membres de trading-automatique.fr intéressés à concourir à titre personnel ou mieux, à travailler ensemble pour la victoire puisque les projets en équipe sont autorisés. Voici maintenant la liste des prix :

– The best algorithm Microsoft Prize : 5000 pounds (+ 2500GBP selon la performance)

– La meilleure utilisation de la technologie Microsoft : 2500 pounds

– Barclays Capital Prize for best competition entry by a female contestant : 2500 pounds

– CitiFX Prize for best trading model : 5000 pounds

– Knight Capital’s Prize for Best Use of Data : 5000 pounds

Soit 20 000 pounds,  pour la femme qui a programmé le meilleur algorithme en utilisant la technologie microsoft et en utilisant des données de façon intelligente et innovante ! ( facile hein..? si vous êtes un homme sa fera toujours 17 500 pounds )

 

Mise à jour le 04/07/2011

Ucl nous a communiqué comme convenu le calendrier de la fameuse competition. La phase effective de trades pour les robot concourrants se déroulera du 1er Novembre au 1er Decembre ce qui laisse à tout le monde le temps de se préparer.

Timetable for Algorithmic Trading Competition

Date (2011)

Action

15th Aug

The competition website up and ready to use, for all contestants all documentation available. A URL will be sent out.

01st Sep

Launch of Registration stage for the Competition

01st Oct

Launch of Development stage

01st Nov

Trading commences for contestants

01st Dec

Competition closed, trading terminates for contestants

20th Dec

Winners will be announced

Early 2012

Prizes will be awarded

 

A noter également que comme nous l’avions annoncé, il a été confirmé que les projets en équipe étaient autorisés et qu’il n’y aurait aucune pennalité en terme de notation et de cash prize.

Soyez nombreux à participer c’est une opportunité pour les meilleurs de se faire un gros nom dans le milieu. Par ailleurs la periode évaluée étant relativement courte presque n’importe qui pourrait gagner 5000 livres sur un coup de chance ( gros levier, pyramidage quand tu nous tiens … )

Fin de la MAJ

La quatrième intervention était tenu par Dr John Loizides et concernait le trading haute fréquence sur le Forex pour City. Le Forex est un domaine assez récent pour le trading algorithmique et haute fréquence, contrairement aux equities qui sont les marchés sources. Afin de trader sur des UTs toujours plus courts les algorithmes traitent une quantité toujours plus importante de données comme vous pouvez le voire ici.

La capacité de traiter et d’analyser ces données est un paramètre déterminant dans l’élaboration d’algorithmes. Aujourd’hui plus de 100 GB de données sont disponibles chaque jour aux institutionnels. En ce qui concerne le langage de programmation utilisé il varie beaucoup selon les besoins (FPGA’s, C/C++, C#, KDB+, Q, JAVA). J’ajouterai enfin une citation qui a attiré mon attention “The ability to find real market indicators within the high frequency world with a respectable profit and loss profile is difficult, but very achievable with the correct mathematical and technological approach.”

 

La cinquième intervention était celle de Microsoft qui nous présentait son “nouveau” langage de programmation : le F#: un code simple pour des problemes complexes ( c’est moi ou ils disent ça à chaque fois ?). Pour les programmeurs voici quelques points clés du dit-langage :

On peut utiliser toutes les libraires de C#  de .net en général. Rien n’oblige à re-coder tous vos anciens outils en F#. F# peut etre intégré à un environnement utilisant des standards en terme de langage. C’est un langage orienté mathématique. Cela en fait un outil très attrayant pour les quants mais qui peut s’avérer utile pour toute autre application financière.

Ajoutons qu’il permet aux quants de contribuer directement au développement d’outils ( pas besoin de coder en langage mathématique puis en c++ )

Finalement le f# se trouve entre le C++ et un langage purement mathématique ( plus proche du python par exemple )

Pour finir voici les tendances hardware pour le future selon Microsoft:

– Le clouding
– Le multicore

 

Enfin, LMAX, le London Multiple Asset Exchange qui est le premier échange (MTF) pour le trading Forex et CFD, a donné une conférence sur sa capacité à gérer le risque global du trading de ses clients au tick par tick, ce qui est une innovation dans le domaine. En effet, la plateforme LMAX issue de la technologie Betfair gére par jour plus de trades que l’ensemble des échanges boursiers professionnels. En effet, le monde retail multiplie le nombre de traders, qui ont tendance a prendre beaucoup plus de risques que des professionnels. Chaque transaction doit donc etre validee, et a chaque tick le risque global calcule. Sachant que LMAX est oriente trading haute frequence, ceci etait impossible avec les moyens standards. Ils ont donc crée un environnement low latency innovant et ont été profesionellement primé a ce niveau. Et, encore plus surprenant, ils ont rendu open source le code de leur framework appelé “disruptor“.

Pour information, Alpha Novae est partenaire de LMAX et réalise actuellement un bridge permettant de dupliquer les ordres exécutés via MT4 sur LMAX.

Finalement la journée s’est terminée entre petits fours et discutions endiablées entre les participants. Nous avons été trés heureux de pouvoir rencontrer quelques clients et d’avoir pu discuter de quelques projets et partenariats intéressants.

Jérémy pour Trading Automatique

C’est quoi le trading haute fréquence

 

Voici le résumé de ma conférence sur le Trading Haute Fréquence par Vincent de Blog-Trading.fr

S’il y a un secteur du trading automatique qui fait énormément parler de lui en ce moment, c’est bien celui du trading haute fréquence. Bien que ce type de trading électronique existe depuis de nombreuses années et emploie de nombreux ingénieurs que ça soit dans le domaine de la finance et des mathématiques pures ou de l’informatique au sens large, l’actualité récente l’a mis sous le feu des projecteurs (et nous en avons déjà parlé sur Trading Automatique ici).

L’affaire Goldman/Aleynikov ou comment un informaticien/mathématicien de génie russe développe un programme de trading haute fréquence qui fait gagner des gros sous à Goldman et garde ensuite le code dans ses poches alors qu’il change d’employeur pour y obtenir un salaire beaucoup plus important que son précédent (déjà important…) salaire. L’intéressé a été arrêté par le FBI à l’aéroport. Bref, une histoire de vol de propriété intellectuelle presque banale si ce n’est qu’elle a mis sous le feu des projecteur le fait que les banques pouvaient encore faire de l’argent en ces temps de crise, ce qui gêne évidemment l’opinion publique. Argent étant synonyme de spéculation et qui en était l’initiateur: le trading haute fréquence.

L’opinion publique et celle du milieu des affaires étant concentré sur le sujet, les hommes politiques n’ont pu y rester insensibles et ont alors réveillé la SEC qui est l’organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers. C’est en quelque sorte le « gendarme de la Bourse » américain, aux fonctions généralement similaires à celles de l’AMF français. Celle ci, tirée de son sommeil diront les médisants, est alors  tombée des nues en apprenant qu’il existait des ordres flash (“flash order”) et a décidé de sévir en les bannissant. Finalement les marchés comme le Nasdaq ont suivi cette recommandation par eux même. C’est quoi les ordres flashs? Ce sont des types d’ordre qui sont placés sur un ECN pendant un bref instant avant d’être propagés à tous les autres ECN. L’information qui est non-publique est le placement initial de l’ordre flash sur le premier ECN. Tous les membres de cet ECN sont conscients que cet ordre sera propagé sur les autres ECN, ce qui leur procure un avantage potentiel exploité par des programmes de trading haute fréquence.

On peut grosso modo imaginer (et résumer ou simplifier) le trading haute fréquence comme du market making à vitesse accélérée (on parle de millisecondes ici). Ses défenseurs soulignent d’une part qu’il apporte un surpplus de liquidités que les marchés apprécient et rémunèrent, et d’autre part qu’il rend le marché un peu plus efficient en éliminant de plus en plus les possibilités d’arbitrage. Au contraire, ses délateurs estiment qu’il fausse l’équité entre les opérateurs. Les traders classiques feraient face à une concurrence déloyale. Ceux ayant une meilleur connexion et un meilleur accès au marché étant privilégié (à savoir les automates de trading hautes fréquences). D’après ces personnes, l’avantage serait donné à la spéculation plutôt qu’à l’investissement.

L’objectif de cet article n’est pas de débattre pour ou contre le trading haute fréquence. D’autres le font très bien pour nous et je préfère vous donner le maximum de cartes en main pour juger par vous même.

Voici une vidéo de Marketplace sur Vimeo.

 

 

Voici une autre vidéo tirée de Bloomberg sur le trading haute fréquence :

 

Le spectre des fréquences de trading

 

Voici la traduction d’un post de Tito Ingargiola du blog “Hack the market” dont des articles ont déjà été traduits sur le site (cf la série intitulée le miroir aux alouettes de l’optimisation et l’article Rassembler les pièces d’un système de trading algorithmique). Tito Ingargiola a décidé de quitter en 2005 sa position de spécialiste en technologie a Wall Street pour créer Puppetmaster Trading et poursuivre ainsi à temps plein son intérêt croissant pour le trading algorithmique.

Post Original: the trading frequency spectrum

J’avais l’idée d’écrire un article de ce genre depuis une conversation que j’ai eue à Jerusalem à l’automne dernier.  Le récent coup de projecteur que l’on fait au trading haute fréquence et à tous ses maux m’a rapelé la pertinence de ce sujet et je vais donc vous livrer certaines de mes pensées, au risque de me faire accuser de désinformation.

 

Pour commencer, la conversation. C’était avec un homme talentueux qui était le CFO de nombreuses entreprises incluant une petite startup de hedge fund qui tradait à haute fréquence les equities US. Bien qu’il n’était qu’un CFO à temps partiel, il semblait être assez bien au courant de leurs opérations de trading et il a remarqué qu’ils utilisaient les service d’un “agence only” broker pour des automates de trading auquels je suis familiers et qu’ils analysaient des données complètes pour des centaines d’action de manière concurente. Il m’a signalé que leur trading se portait bien mais que leur “hit rate” était autours de 4% et en baisse. Par “hit rate”, il signifiait qu’il placait des ordres limites fréquemment et généralement annulé ces ordres s’ils n’étaient pas touchés immédiatement. Il ne me l’a pas spécifié, mais j’imagine que par “immédiatement” il entendait de quelques millisecondes jusqu’à une seconde ou vingt. Si le marché est composé de “makers” et de “takers”, alors ces gars étaient définitivement des faiseurs de liquidité dans le sens strict du terme puisqu’ils placaient des ordres limites et faisaient le marché.

A l’époque j’ai pensé que c’était intéressant car il semblait que tellement de monde était concentré sur les trades de très, très court terme, que la fréquence était en train de devenir saturée. C’était un rappel que les fréquences de trading remplissent un spectre et que dans ce cas, cette partie du spectre était en train de devenir tellement saturée qu’en obtenir un retour devient de plus en plus difficile au fure et à mesure que de plus en plus de participants viennent rejoindre la foule. Je ne suis pas certain de la manière dont ce hedge fund s’en est sorti, mais à l’époque je me rapelle penser que ça allait être réellement difficile pour eux au niveau de la concurrence s’ils ne pratiquaient que du trading haute féquence. Remplir ce spectre devient de plus en plus couteux en technologie et en talent, maintenant que la course est clairement lancée.

Lo et Khandani ont réalisé l’image ci dessous illustrant ce phénomène survenant à une classe de stratégie contrarienne que Lo & MacKinlay avait décrit en 1990. Les sratégies s’arrêtent de fonctionner au fure et à mesure que les participants réduisent l’alpha.

Ma conversation de Jerusalem m’a principalement fait penser que nous allons observer un phénomène similaire parmis les stratégies de trading hautes fréquences.

Qu’est ce que cela signifie pour une stratégie d’être haute fréquence? Tout d’abord, c’est une large classe de stratégies qui ne devrait probablement pas être traitée uniformément. Ce qu’elles ont en commun est l’intention de trader l’entrée et la sortie de position sur une base fréquente qui va de la sous-seconde à peut être quelques secondes ou même minutes dans des cas particulièrements heureux.

Outre le fait que l’on peut trader à de nombreuses fréquences, on peut les mélanger et même être à peine conscient de le faire. Un fond mutuel basé sur le fondamental et prenant uniquement des positions à l’achat (c’est à dire pas un trader algo ou haute fréquence) peut appeler/faxer/mailer/utiliser le FTP ou le protocole FIX pour passer ses trades à son broker qui peut ensuite exécuter ces trades avec leur algos propriétaires ou achetées. Ces algos peuvent faire appel à des analyses du marché très astucieuses pour procurer une bonne exécution à leurs clients. Ou bien ils peuvent trader contre leur client pour gagner de l’argent ou encore les deux.

Dans tous les cas, il me semble clair qu’il n’y a rien d’intrinsèquement mauvais dans le trading haute-fréquence lui même. Les gens essaieront toujours de réagir à l’information le plus rapidement possible. Pourquoi ne le feraient-ils pas ou ne devraient-ils pas le faire? Ils aiment aussi être intelligent. Encore une fois, pourquoi ceci ne devrait-il pas être le cas? Je me rapelle Lefevre racontant l’utilisation de télétypes personnels par les gros spéculateurs au début du siècle dernier. Ce qui n’était évidemment pas à l’époque un objet de la vie courrante. Je me le rapelle aussi raconter des stratégies pour déplacer de larges positions, ce qui incluait à la foi d’acheter et de vendre pour cacher son jeu. Pourquoi les algos ne feraient-ils pas la même chose et encore plus?

Un des aspects que ma conversation évince est le type de business model employé par les brokers. Comme je l’ai dit, ce petit hedge fund haute fréquence utilisait un “agence-only” broker qui s’adresse à des traders algo et haute fréquence. Pourquoi est-il important de préciser que c’est “agency-only”? Parce que, comme le cas Goldman/Aleynikov l’illustre bien, les stratégies sont organisationnellement poreuses dans le sens que leur valeur s’égoutte au fure et à mesure que le capital humain derrière elles se déplace d’organisations à organisations et que la compréhension de leurs strates internes s’épend à l’extérieur de l’organisation. C’est probablement la dynamique qui a provoqué l’exemple de Lo ci dessus: toujours plus de traders se sont mis à employer des stratégies similaires au fure et à mesure que la “fuite” s’est éloignée de ses sources originales. Si je vois toute votre activité de trading en détails suffisants, il y a de fortes chances que je pourrai être capable de faire de la rétro ingénierie et de vous voler votre alpha.

C’est pourquoi, les traders sont heureux de ne pas faire de publicités sur le comportement de leur stratégie. Donc, un “agence-only” broker qui ne s’engage pas lui même dans des activités de prop trading, devrait inspirer la confiance à ses clients potentiels.

Parfait! Quel business model honnête! Mais il y a une ironie ici et celà pointe sur les types de problèmes réels que nos régulateurs devraient plutôt étudier. Le “agence-only” broker que j’ai mentionné n’était pas “self-clearing” (compensé par lui même). C’est à dire qu’il utilisait un autre broker (Goldman dans ce cas) pour remplir ses devoirs de back office. Et devinait quoi? Goldman est tout sauf “agence only”. Donc, les clients qui étaient rassurés et tranquiles de traiter avec des boutiques “agence-only” sont en fait en train d’exposer toutes leurs activités à un prédateur prop trader particulièrement sophistiqué… C’est comme les pubs de Guiness (NDLR: si quelqu’un connait ces pubs qu’il me fasse un signe…).

Il m’est assez amusant de voir que, pendant qu’ils sont assis sur un trou de plusieurs trilions de dollars de la balance de notre FED,  des hippies comme Fox News, Bloomberg (sollicité pour le trouver) et notre congrès US (qui le demande poliment) ne parviennent pas à soutirer une explication des autorités compétentes, et que dans le même temps, la blogosphère et les régulateurs semblent concentrer leurs invectives sur les vendeurs à découvert, les hedge funds ou les traders haute fréquence.

 

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Traduction: Nicolas Vitale