Trading et accidentologie !


Réussir en trading

La réussite en trading, quelle que soit votre définition personnelle de cette finalité, n’est pas vraiment une question de chance, de potentiel ou de fatalité (si absence de réussite). Il s’agit davantage d’une question de travail, de réflexion, d’observation, mais aussi de méthode, de processus d’évaluation et de validation, et enfin de discipline dans l’action. Bien évidemment, je vous propose ici ma définition. Libre à vous de partager la vôtre. En effet, je pense que tout individu en quête d’adrénaline, de sensations fortes, d’explosions de joie et de colère, vivra surement en trading des moments très intenses, voire inoubliables, mais surement très coûteux et in fine terriblement douloureux. Pour les sensations fortes, sans la douleur, le saut en parachute, avec un parachute et accompagné d’un professionnel, me semble beaucoup plus adapté. Ou alors, pourquoi pas un tour de « grand huit », qui, à l’instar du trading, vous impose de payer un nouveau droit d’entrée à chaque nouveau tour?

Ne confondez pas ProRealTime, ProStation et PlayStation… Défoulez-vous dans un univers ou le « Game Over » est sans conséquence sur votre portefeuille et votre moral, ou la frustration de l’utilisation répétitive de la fonction ‘Replay’ ne dure qu’un instant. Certes le « Paper Trading », ou « trading simulé » peut aussi être une alternative…en réponse aux compulsions d’un égo impatient. Toutefois, quelle frustration si vous accumulez des gains virtuels importants… Quelle colère de n’être riche que dans « trade ville ». Le syndrome de « second life » vous guette et nul doute que vous serez alors tentés de passer rapidement en réel en augmentant la mise… pour rattraper votre retard. Si telle est votre réaction, et que votre premier trade en réel est gagnant…, alors prenez le pactole et fuyez vos écrans !! Vous aurez certes à gérer la frustration de ne pas avoir « misé » dix fois plus, ce qui est beaucoup plus agréable que de gérer celle d’avoir tout reperdu par cupidité. Enfin, facile à dire puisque nous ne nous en rendons compte qu’au deuxième tour, après avoir tout perdu.

Oui, bien évidemment… « Pas vu, pas pris… », Oui… « Pas vendu, pas perdu »… Certes… mais après quelques pirouettes et tirades de café,  la sanction tombe, tôt ou tard. Et le compte des résultats, inévitable à la fin de la journée est navrant. Comment ai-je pu perdre autant? Pourquoi n’ai-je pas dépensé mon capital autrement? Plus intelligemment !! Vous vous reconnaissez ? Moi aussi…

La simplicité du constat est à la portée de tous… Alors comment faire? Je vous propose une tentative d’explication.

La ceinture et les bretelles

Vous pourriez longuement débattre de la répartition, mais j’ose penser que vous serez d’accord avec l’idée que réussir en trading c’est combiner la réflexion a priori (70%), la prise de position (5%), et la réflexion a posteriori (25%). La troisième étape est quasi totalement ignorée de la majorité des traders. C’est pourquoi je choisis de la laisser de coté. Peut-être un sujet à part entière pour un article à venir.

Concentrons-nous alors sur les 75% restants. Si vous considérez un trade perdant comme un accident, alors je vous propose la représentation suivante de l’accidentologie ! (J’ai emprunté et quelque peu modifié l’image de fond. Mes remerciements à son concepteur).

Lorsque vous prenez une position sur les marchés, c’est un peu comme si vous participiez à une course d’orientation avec l’ennemi. Vous pouvez vous aventurer la fleur au bout du fusil, ne prendre qu’une balle dans le pied, ou encore vous faire tuer. Vous pouvez aussi vous munir d’un équipement approprié à l’environnement, d’une carte, d’une boussole et préparer votre bataille. En d’autres termes,  vous avez le choix entre 3 possibilités, illustrées ci-dessus.

Dans tous les cas, vous passez par les cases « Emotions » et « Stratégie ». Plus précisément vous passez au travers, consciemment ou non, car il s’agit de parois sous-jacentes, fines et floues. Nous ne pouvons pas faire sans elles… Et trop souvent, pour simplifier, l’échec en trading se résume au cocktail suivant « Trop d’émotions + Trop peu de stratégie »

Non, non !! Me direz-vous ! Avec un robot de trading, j’exclue les émotions. Ah bon ? Donc aucune joie à l’issue de la première journée de fonctionnement ! Aucune colère lors du premier bug ? Aucune peur à l’idée que ce robot bug et dilapide tout votre capital ? Bref, Trading = Emotions !

Coté stratégie, nous ne pouvons pas faire sans… non plus. Vous êtes dubitatifs ? Alors considérez l’absence de stratégie comme une stratégie. Undecided

La ceinture

Pour une grande majorité de traders, l’échec en trading résulte de l’économie de la réflexion a priori et de la mise en place d’une stratégie. Pourquoi ? Parce qu’une telle réflexion est contraignante, et aussi parce que parfois c’est le premier niveau d’incapacité du trader débutant. Face à l’effort requis et l’attente nécessaire à la mise en place d’une stratégie gagnante, la réponse impulsive sous l’autorité de l’impatience et des émotions est de passer à l’action. « J’vais commencer petit et on verra bien ». Si c’est ce que vous pensez, alors retournez à la case émotions, et demandez-vous ce que vous êtes venus chercher sur les marchés financiers… un gain en capital mesuré en réponse à une réflexion approfondie et validée, ou alors du fun et des sensations fortes.

La ceinture, c’est le chemin numéro 1. Ne cultivez pas l’illusion ! Evaluez honnêtement vos idées de trading et confrontez-les directement aux marchés financiers en vous assurant que leur mise en application sur un historique de données présente un résultat assez encourageant pour envisager d’investir votre capital ! Oui, cela ne vous garantira pas l’obtention d’un résultat à l’identique dans le futur, mais cela vous évitera de perdre tout votre capital naïvement, et rapidement.

« close the loop ». Les résultats ne sont pas à la hauteur de vos espérances ? C’est déjà une victoire, une prise de conscience que la réflexion a priori doit être approfondie. Que votre stratégie de trading est trop simple, ou trop compliquée, ou pas assez complexe… dans tous les cas perdante.

Avant de vous lancer dans le trading !! Répondez à ces questions !!

  • Quel est votre signal d’entrée en position ?
  • Quel est votre prix stop ?
  • Quel est votre objectif de prix, une fois en position ?
  • Quel est votre signal d’invalidation ?
  • Quel est votre signal de prise partielle de bénéfice ?
  • Quel est votre signal de sortie de position ?

Vous avez les réponses ? Alors répondez à celles-ci… Si vous aviez utilisé votre stratégie, en 2010.

  • Quel gain ou perte au total ?
  • Combien de trades gagnants et perdants ?
  • Quel montant maximum des trades perdants ?
  • Combien de trade financés ?
  • Combien de trade ayant atteint l’objectif ?

Mais aussi,

  • Combien de temps pour financer votre position en moyenne ?
  • Combien de temps pour un trade gagnant en moyenne ?
  • Combien de temps pour atteindre l’objectif en moyenne ?
    etc., etc.

 

La liste des questions peut être encore longue. Si vous avez des interrogations, relisez cet article.

Toutefois, si vous n’avez pas la réponse aux questions ci-dessus, vous  partez en trading la fleur au bout du fusil.

Les bretelles

C’est le chemin numéro 2. Bien évidemment, toute stratégie inclut un certain pourcentage de positions perdantes.  Il peut être de 10%, 20%, 30%, etc. Le plus important, une fois que votre stratégie de trading est satisfaisante, est de limiter l’impact de ces positions perdantes dans votre compte de résultat final. Et pour cela, vous devez, de préférence en même temps que la prise de position, placer un ordre de sortie (dit stop) pour limiter votre perte à un montant au préalable décidé, au cas ou les prix évolueraient soudainement dans le sens contraire de vos prévisions.

La bétise

C’est le chemin numéro 3. La stratégie du petit cochon qui construit sa maison avec de la paille. Une sorte d’expérience unique… vous allez voir votre capital fondre comme neige au soleil. J’ai vécu cette douloureuse expérience…

Le “Money management”.

Bien sur que non, je n’ai pas oublié le “Money Management”, discipline incontournable pour garantir la réussite de votre statégie de trading. Toutefois, je le considère comme inplicitement imbriqué dans les chemins numéros 1 et 3. En effet, certains le définissent dans leur stratégie. C’est effectivement là qu’il doit être introduit d’un point de vue évaluation et validation. Toutefois, opérationnellement, il trouve sa place au niveau du chemin numéro 2. Il peut aussi prendre une forme plus générale en définissant des règles plus génériques telles que la perte maximum quotidienne autorisée, le nombre maximum de positions simultanées, etc. Comme la réflexion a posteriori, le MoneyManagement est sûrement un sujet méritant plus qu’un seul paragraphe.

Conclusion

Selon le concept de l’accidentologie en trading, 2*3 (comprenez deux fois le chemin numéro 3) n’est pas égale à 6 !!  2*3 = Je plaque tout, le trading, ce n’est pas pour moi !!! Réussir en trading, c’est fuir cette équation de l’échec.

Certes, peut-être que cette conclusion est pertinente… selon votre personnalité et votre niveau d’expérience. Peut-être que le trading ne correspond pas à vos attentes. Mais peut-être qu’il s’agit seulement d’un mauvais départ? Alors pourquoi prendre le risque de perdre deux fois votre mise de départ… de jeter le bébé avec l’eau du bain, pour prendre une décision objective?

Grégoire Tardy

Mars 2011

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