Tests: RSI et CAC40


Voici le quatrième et dernier article de Samuel Rondot, directeur de www.bestcfd.com, qui nous livre une série d’articles intéressant sur les tests statistiques de l’indicateur RSI.

Samuel Rondot

Un des gros problèmes du RSI c’est son utilisation en fonction de sa construction. Je m’explique : le Rsi est un indicateur de vitesse. Il va haut quand le marché monte beaucoup et il va bas quand le marché baisse beaucoup.
Or la théorie idéale c’est qu’il faudrait vendre quand le RSI est haut et acheter quand il est bas.
Or si le Rsi est haut, c’est que le marché monte beaucoup, donc qu’il y a beaucoup d’acheteur. conséquence, même si le marché doit parfois consolider, c’est plus une indication que le marché est fort à la hausse que réciproquement.

Je ne dis pas qu’il faut jeter toutes les observations classiques de Rsi, mais il faut néanmoins faire très attention avec ce genre de raisonnement un peu à l’inverse de la logique de marché.

C’est une des raisons pour laquelle quand je fais des tests sur le Rsi, j’essaie aussi de l’approcher sous une optique différente : en indicateur de tendance.

L’idée c’est de dire qu’au lieu de déclencher une vente quand le Rsi est haut, alors je déclenche un achat et réciproquement.

J’ai présenté dans un autre article l’approche d’un RSI dont les bornes sur achat et survente variaient en fonction du niveau de volatilité. Vous allez me dire que si on suit exactement la logique inverse de ce modèle, alors on va droit à la ruine puisque celui-ci créait de la valeur.

Mais comme l’idée est un peu différente il faut aussi adapter les signaux.

Je vais donc tester le modèle suivant :

Quand le Rsi passe au dessus de l’écart type de sa moyenne, j’achète (le marché gagne en puissance) et je reste acheteur jusqu’à ce que le marché ne montre pas de signe de faiblesse. Cette faiblesse serait un Rsi qui passe sous sa bande de bollinger basse.

Pour le moment, je commence mon test avec des paramètres standards : RSI 14, moyenne 100 et bande de bollinger éloigné de 1 écart type de chaque coté.
Cela nous donne le signal suivant :

cac 40

Sur 15 ans voilà le résultat théorique avec l’equity curve :

cac 40

Le résultat est intéressant car on distingue nettement que le modèle se place dans le sens du marché à l’origine des grandes tendances et qu’il évite au moins partiellement les gros accidents.

Nous pouvons essayer d’affiner un peu les paramètres pour voir si nous parvenons à générer plus de gain.

Modifier l’écart type

Si on rapproche les écarts type, on intervient plus vite dans un sens ou dans l’autre. Comme le marché est haussier il n’y a pas de surprise de découvrir que si on touche l’écart type en bas, on se prive souvent d’opération gagnante, mais si on diminue l’écart type du haut, on rentre un peu plus tôt et donc c’est beaucoup plus profitable.

Par exemple avec le même Rsi, la même moyenne, 1 seul écart au dessus et 2 en dessous :

cac 40

Le résultat est très intéressant car avec un capital multiplié par 2.3 quand le Cac ne fait que 1.6 et surtout seulement 3 opérations perdantes en 15 ans, nous voilà avec un modèle réellement à approfondir.

Modifier la durée du RSI et de sa moyenne

La modification du Rsi entraîne très peu de changement contrairement avec les modèles précédents.

Seule la durée de la moyenne à un impact significatif mais les résultats ne s’améliorent pas. Si on réduit de beaucoup la moyenne, les résultats sont nettement moins bons et si on réduit qu’un peu l’impact n’est pas significatif.

C’est comme si les paramètres standard étaient le meilleur couple de paramètres.

Mettre un stop ?

Il subsiste cette forte baisse pendant la période 2000 à 2002 qui est problématique. Est ce qu’on ne peut pas la diminuer un peu en mettant un stop ?

cac 40

Comme d’habitude. Si le stop diminue les pertes dans la phase de baisse, il prive aussi de gains importants dans les marchés haussiers.  

Avec un stop à 5% l’écart de performance n’est pas très élevé et peut être qu’il vaut mieux dormir avec une perte maximale de 5 % (plus l’écart en clôture au moment du déclenchement du stop). Les tests sur actions vont rapidement nous dire si c’est une exception (le fruit du hasard) ou si on peut garder cette règle.

Chaque fois que je teste un stop, je test aussi le résultat en fonction du gain maximum. C’est l’inverse du stop. C’est à dire qu’au lieu de couper quand je perds avec ma position plus de x%, je coupe dès que je gagne plus de x%. On appelle cette approche, une sortie sur objectif de profit (le fameux ” profit target “).

C’est rarement intéressant. Mais je le fais toujours par acquis de conscience.

UNE ENORME SURPRISE

Avec une prise systématique de bénéfice au-delà de 2% :

cac 40

Les résultats sont très intéressants. On bat à peine la performance globale si on ne met pas d’objectif de gain mais l’equity curve est beaucoup plus régulière. Le nombre d’opération grimpe en flèche puisqu’on coupe sa position à chaque gain, mais avec 111 opérations en 15 ans cela reste très faisable.

Et surtout avec un taux de réussite de plus de 80% c’est un modèle confortable pour ceux qui n’aiment pas perdre souvent.

Bien sur rien n’est parfait et dans la première partie du graphique les gains sont un peu moins forts que si on ne met pas d’objectif.

Pourquoi un tel résultat ?

En fait il se trouve que ce modèle est un excellent signal d’entrée en position mais que souvent c’est la sortie qui va pécher. Alors en fixant une prise de bénéfice rapide après la prise de position, on ne souffre pas des défauts de la sortie de position.

Tests sur actions

Sur accor sans prendre ses gains :

cac 40

La performance est positive sans être remarquable.

puis sur Agf :

cac 40

La performance est très intéressante puisque ce modèle nous a permis de multiplier sa position par 6 alors que le titre a un peu plus que doublé.

Sur les 40 valeurs du Cac, ce modèle gagne 33 fois. Seuls 7 titres ne gagnent pas. A chaque fois la raison est la même, les premiers temps sont tellement baissiers que le modèle ne limite pas assez la casse pour se refaire par la suite.

Voici par exemple le plus évident avec Thomson :

cac 40

Le modèle n’a pas assez d’ancienneté des cours pour prendre des positions dans la hausse de 2000. Dans le marché baissier, il va accumuler ses pertes. Par la suite, la situation sera trop dégradée pour qu’il parvienne à rétablir les choses.

Même conclusion pour toutes les actions

C’est un modèle très efficace dans les marchés haussiers et pour initier des positions.
Dans les marchés baissiers, il ne peut pas éviter les accidents.

Globalement les performances sont extrêmement prometteuses surtout sur des titres qui n’ont pas eu leurs cours divisés par plus de 3 dans la période 2000 à 2003.

Autre test, avec un objectif de gains fixes de 3%

Puisque les titres sont un peu plus volatiles que le Cac j’ai pris les gains lors d’une clôture au delà de 3% de la prise de position.

Il n’y a plus que 4 titres sur les 40 du Cac qui perdent de l’argent.
En plus, sur tous les titres, cette stratégie a un taux de réussite au minimum de 75 % !!!

Pour les valeurs perdantes, il s’agit juste de quelques positions à des moments particulièrement destructeurs qui entraînent les pertes. Le taux de réussite de plus de 75% reste néanmoins valable là aussi. Du coup en mettant un stop sur ces valeurs, on parvient à gagner de l’argent alors que sans, on avait un résultat catastrophique.

Conclusion, le Rsi et ses bandes de bollinger en tendance constitue un des meilleurs signaux d’entrée en position que j’ai rencontré sur les actions.

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