Bilan d’un an de programmation de stratégies de trading automatiques

 

Le service de programmation de Trading Automatique a été lancé en juillet – août 2009. Un an après, et avec des centaines de stratégies automatisées, il est temps de faire un petit bilan qui sera je l’espère utile a tous.

Avant de commencer, voici une petite mise en perspective. Le service de programmation prend en charge la plupart des plateformes de trading sérieuses permettant le trading automatique et propose également la mise en place de systèmes directement connectés aux brokers via API ( sans passer par une plateforme). La plupart des automatisations se font sous MetaTrader, mais aussi sous JForex, MultiCharts, etc.

Nos clients quant à eux sont pour la plupart des traders individuels, des gérants de hedge funds à “taille humaine” ou en devenir, et venant d’une vingtaine de pays différents mais principalement de France, Suisse et Belgique.

Bref, voici pour le contexte et avant de rentrer dans le vif du sujet, voici quelques avertissements :

– les stratégies sont la propriété intellectuelle de nos clients et nous restons donc muets a leurs sujets… même sous torture (ou contre de grosses liasses de billets comme on nous l’a déjà proposé).

– nous sommes des experts techniques, des consultants en trading automatique, mais nous n’avons pas d’activité de trading sur compte propre et nous ne vendons pas de black box. La boutique permet d’acheter des utilitaires mais pas des automates avec une quelconque stratégie secrète. La raison est simple. Programmer pour les uns et vendre à d’autres représente un conflit d’intérêt évident (qui au passage ne semble pas poser de problèmes déontologiques a beaucoup de nos collègues).

 

Qu’est-ce que l’on vous donne à programmer au juste?

 

Nous avons plusieurs types de demandes. Evidemment il faut commencer par séparer les demandes de programmation d’indicateurs et d’automates de trading. Les indicateurs permettent d’analyser le marché et d’en faire ressortir plusieurs caractéristiques, tandis que les robots se basent ou pas sur ces indicateurs pour ouvrir et fermer automatiquement des ordres, ou bien juste vous alerter lorsque certaines conditions de marchés sont réunies. Dans ce cas, ils laissent au trader le choix de valider ou pas un ordre (trading semi-automatique).

Au niveau des robots de trading, plusieurs catégories existent également :

– les utilitaires : des robots basiques pour faciliter la vie du trader. Par exemple, gérer les stops et take profits automatiquement comme le robot AutoPilote. Il n’y a rien de secret ici mais ça décharge énormément le trader manuel qui peut alors utiliser son temps et son attention de manière plus utile.

– les algorithmes simples: des automates assez simples permettant de réaliser certaines routines. Par exemple, mettre en place un ordre OCO (One Cancels the Other) pour du trading de news, déclencher des achats sur des croisements de pivots, etc.

– les white box : un robot complet avec des règles d’entrées, de sorties, de money management, etc. Pourquoi white box et pas black box? Puisqu’ici aussi bien le développeur que le client connaissent parfaitement les règles qui régissent le robot.

 

Le trading automatique, arnaque ou ça marche?

 

Une question éternelle. Je vous conseille la lecture de deux articles : les avantages et inconvénients du trading automatique et 5 contre-vérités autours du trading automatique.

Cette question ne concerne ici évidemment que les white box par rapport aux diverses catégories évoquées ci-dessus. Tout d’abord, il est difficile de dire si une stratégie marche ou ne marche pas sans études approfondies. Tout dépend du marché, de la période backtestée, du timeframe, des combinaisons de paramètres, etc. Bref un travail de fourmis que nous ne faisons pas, hormis si on nous le demande expressément. En effet, le robot étant programmé, son auteur peut alors le backtester sans problème par lui-même.

Si on fait abstraction des stratégies fortement corrélées a une configuration de marché (cf alphabilité) et que l’on regarde les choses d’un point de vue global, il est certain que beaucoup de stratégies sont a mettre à la poubelle. Trouver un automate performant sans draw downs importants est un travail de longue haleine qui nécessite persévérance et apprentissage.

Mais d’un autre côté, je peux affirmer avec certitude qu’il y a des robots qui marchent. Sous plusieurs supports, sans être optimisés, et le tout sur plusieurs années.

Et il ne faut surtout pas oublier que découvrir qu’une stratégie ne marche pas est :

– avant tout une économie d’argent qui ne disparaîtra pas.

– une source d’enseignements sur le fonctionnement du marché.

– et éventuellement une base pour une prochaine qui fera mieux.

 

Les erreurs classiques

 

L’erreur classique des débutants est de faire un peu trop confiance à leur sens visuel. On multiplie les indicateurs avec de belles couleurs ou aux noms marketings car visuellement ils semblent bien se comporter. Mais les backtests ne pardonnent généralement pas.

Avant de se lancer tête baissée avec un indicateur, je donnerais ces quelques conseils :

– Vérifiez minutieusement que le retard de l’indicateur sur les prix ne diminue pas complètement l’alpha (la rentabilité) au point de le rendre négatif en prenant en compte les frais.

– Vérifiez que votre indicateur ne repeint pas le passé. En effet, des petits malins écrivent des indicateurs qui modifient leurs valeurs passées en fonction des données présentes. Et tout le monde sait qu’il est beaucoup plus facile de prédire le passé quand on connait le présent… Pour n’en citer qu’un, l’indicateur des bandes de gravité de M. Belkhayate tombe dans ce travers…

– Ne tenez aucune information pour acquise sans vérifications méthodiques, quand bien même elle viendrait du livre d’un des gourous du trading les plus respectés.

– Les indicateurs les plus complexes ne sont pas forcément ceux qui donneront les meilleurs résultats. Utiliser de manière originale des indicateurs classiques paie tout autant, voire plus.

– On peut faire des robots de trading sans indicateurs…

Une autre erreur classique est le choix du timeframe. Le débutant a tendance à préférer les UT très courtes et se retrouve plumé par les frais. Élargissez votre UT et votre système sera souvent plus profitable. Je ne dis pas évidemment que les UT courtes ne sont pas exploitables, mais il faut le faire en connaissance de cause et avec un compte adapté (ECN Non dealing desk). Les petites UT nécessitent une maîtrise de la micro-structure des marchés qui ne s’acquiert pas facilement.

 

La meilleur stratégie programmée

 

Au risque d’en décevoir certains, je ne suis bien évidement pas habilité à dévoiler le moindre détail des stratégies gagnantes qui sont passées entre nos mains. Ce que je peux toutefois affirmer, c’est qu’il faut :

– de la persévérance (ça fait plus bosser le programmeur, mais ça paie…)

– de la minutie : travailler les entrées, les sorties, le money management, etc.

– penser différemment (“out of the box”).

– et… une part de chance (les plus grandes découvertes ont souvent été fortuites).

 

Si vous voulez en savoir plus ou avez des questions particulières, n’hésitez pas à les poser dans les commentaires ci-dessous ou dans le forum. Ceci pourra faire l’objet d’un nouvel article.

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