Podcast: Interview de Perry Kaufman, l’auteur de la bible des systèmes de trading

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Nous avons eu récemment l’opportunité de discuter avec Perry Kaufman, un trader systématique internationalement reconnu et auteur du livre surnommé la “bible des systèmes de trading“: New Trading Systems and Methods.

Perry Kaufman est aussi le directeur de Kaufman Analytics, une entreprise qui fournit des stratégies de trading et du conseil aux institutionnels et aux investisseurs privés.

Il y a beaucoup de choses intéressantes dans cet interview d’une grosse trentaine de minutes, et je vous encourage donc à prendre le temps de l’écouter. Encore merci à Perry, un “grand” monsieur du trading, resté malgré tout humble et sympathique… après plus de 40 ans sur les marchés!

Perry étant américain, l’interview (podcast ci-dessous) est en anglais. Nous avons donc réalisé une transcription du podcast en anglais ici et en français ci-dessous pour n’oublier personne… Les réactions à cet interview sur notre forum sont ici.

 

audio:

fichier téléchargeable ici

 

NV (Nicolas Vitale) – Bonjour Perry, comment allez vous ?

Perry Kaufman – Bien merci. C’est un plaisir de vous entendre.

NV – Merci beaucoup d’être avec nous aujourd’hui! Je sais que vous êtes actif sur les marchés depuis de nombreuses années, mais vous avez commencé commencé votre carrière en tant que scientifique dans le spatial. Pouvez-vous nous expliquer cela un petit peu ?

Perry KaufmanPerry Kaufman – Lorsque je fais des présentations à mes clients, je me suis rendu compte avec surprise qu’ils étaient très intéressés par mon passé dans l’aérospatiale. C’était un époque très intéressante parce que j’ai travaillé sur le dispositif de navigation de Gemini, un véhicule spatial à deux places, et ce dispositif a été utilisé par la suite dans Apollo, car il faut toujours développer la technologie en amont. Et j’étais très jeune, très passionné, et à cette époque nous étions à l’état de l’art en mathématiques… mais je pense que quiconque sort de l’université aujourd’hui en sait plus que nous à cette époque. Mais tout ça était très excitant! J’ai travaillé dessus pendant un moment, puis en 1969, j’ai crée ma propre compagnie d’informatique.

Puis on est venu me voir avec un problème sur les options. C’était des options londoniennes, il y a longtemps. Et c’était si intéressant que l’on n’a jamais arrêté.  On a juste changé notre domaine activité qui était le remboursement des frais médicaux. Bien sûr cela aurait pu devenir très rentable. Mais nous sommes passés aux options, puis aux futures et aux autres instruments des marchés financiers… Et on a continué.  C’était un domaine dans lequel il fallait tomber dedans. Aucune formation n’était disponible, et toutes les personnes du milieu venaient d’horizons différents et avaient leur propre type de compétences. C’était une époque fascinante! Peut être que ce l’est toujours…, mais il y a désormais bien plus de compétitivité qu’il n’y en avait.

NV – Et avez-vous trouvé des similitudes entre ce que vous faisiez dans le secteur spatial et l’ingénierie financière ? Et plus particulièrement en mathématiques ?

Perry Kaufman – Oui, cela peut paraître simple maintenant, mais avant, outre le programme spatial, j’ai aussi travaillé dans le domaine des missiles et de la reconnaissance. Et nous utilisions le lissage exponentiel pour estimer où un missile allait atterrir et quelle en serait sa trajectoire. Et beaucoup de mes collègues du programme spatial avaient le temps de trader leur propre portefeuille d’actions. J’avais donc l’habitude d’appliquer des moyennes exponentielles (et les autres types de moyennes mobiles) sur les actions. Et le marché était bien plus lisse et moins parasité qu’il ne l’est maintenant. Beaucoup d’ingénieurs ont gagné des sommes importantes d’argent avec des méthodes très simples. Je sais que même en 1980, ce qui fait probablement longtemps pour vous (ndlr – oui en effet, je n’étais pas encore né 😉 quand j’ai commencé à faire du consulting pour une compagnie pétrolière et que nous tradions beaucoup d’argent, le marché du pétrole n’était utilisé que par les professionnel du secteur pétrolier. Et vous pouviez utiliser une moyenne mobile sur une période de 3 jours… et faire beaucoup d’argent. Quand les prix partaient à la hausse, ils continuaient à monter, quand ils partaient à la baisse, ils continuaient à baisser. Les méthodes les plus simple de suivi de tendance étaient très profitables.

NV – Pensez-vous que le marché d’aujourd’hui est plus difficile qu’il ne l’était autrefois ?

Perry Kaufman – Il est beaucoup plus difficile. A cause de tous les fonds mutuels, de tous les types d’investisseurs et de la montée de la concurrence, les volumes sont beaucoup plus élevés qu’auparavant. Les gens ont des opinions différentes, qu’elles soient à la hausse ou à la baisse, et toutes ces ordres placés à moments différents pour des raisons différentes entraînent une quantité importante de bruit sur le marché. Et ce bruit rend difficile la reconnaissance de la tendance à court terme. On se rend compte alors que l’on ne peut appliquer les méthodes de suivi de tendance sur les petits intervalles de temps. C’est trop bruitté. Le seul suivi de tendance qui a du succès est celui de la macro-tendance, où vous essayez de prendre position à plus long terme, ce qui représente un point de vue fondamental sur le marché boursier et la politique des taux d’intérêts. C’est une tendance qui peut se développer au fil du temps. Parce que dans le court terme, les prix font que trop monter et descendre pour être en mesure de vraiment identifier une tendance de manière fiable.

NV – Je sais que vous avez plutôt un penchant pour les stratégies qui ont un fort sous-jacent économique important, quelque chose lié à la nature des marchés, plutôt que celles basées sur les nouvelles méthodes d’intelligence artificielles ou autres méthodes informatisées. Pourriez vous nous expliquer pourquoi ?

Perry Kaufman – En fait, ce n’est pas tout à fait vrai. Mes méthodes sont toutes algorithmiques. J’aime seulement les méthodes qui ont ce que je j’appelle une prémisse solide. J’utilise l’ordinateur pour trouver des solutions, mais j’ai besoin d’avoir une prémisse que je considère correcte, avant de commencer à travailler sur le système.

J’aime par exemple la saisonnalité des marchés agricoles, nous pouvons développer un programme qui dit : “si les prix sont bas au printemps avant les plantations et hauts en été, alors le marché est saisonnier”. Une fois que vous avez identifié la présence d’une structure saisonnière, alors vous pouvez comprendre comment la trader. Et on peut explorer algorithmiquement. Aussi, j’aime l’arbitrage et je fais beaucoup de trading de paires (“pair trading””). Le pair trading a aussi une prémisse importante. Sur des marchés qui ont des relations fortes les uns aux autres, quand ils divergent, j’en vends un, et j’achète l’autre, en attendant qu’ils re convergent. Le pair trading et la saisonnabilité sont des méthodes très populaires qui peuvent être entièrement automatisées. Et chacun ont un fondement économique réel qui n’est pas remis en question..

Prenez par exemple un indicateur comme le Relative Strength (cf RSI), et essayez de comprendre où acheter et vendre le marché en fonction des niveaux de surachat et de survente, c’est simplement une approche vouée à l’échec. Peut-être que c’est trop simple. Mais c’est surtout parce qu’il n’y a pas de prémisse solide. Tout simplement parce que les prix sont à un certain niveau arbitraire de surachat ou survente ne signifie pas pour autant que les prix vont changer de direction dans quelques jours. Ils peuvent continuer à monter pendant une plus longue période de temps. Donc ces zones ne sont pas suffisantes en tant que tel  pour une stratégie. Et en trouver une qui semble fonctionner est une méthode pour se tromper.

NV – Et en parlant de méthodes informatisées, optimisez vous vos stratégies ?

Perry Kaufman – C’est une question très difficile. Chacun optimise jusqu’à un certain point. Par exemple, quand je cherche à prendre mes profits dans un système particulier, j’utilise le Average True Range (ATR) comme un indicateur de volatilité. Je sais, car je l’ai fait pendant très longtemps, que cibler un objectif de sortie de position basé sur un ATR de facteur 3 ou 4 marche. Je n’ai même pas besoin de le tester pour savoir que c’est bon. Ainsi, quand vous avez assez d’expérience, vous optimisez toujours. Vous savez aussi que les moyennes mobiles en longs terme fonctionnent, mais celles en court termes ne fonctionnent pas. Vous n’avez même pas besoin de vous embêter à les essayer. Donc ma première conjecture quant à la façon de spécifier les paramètres du système vont être assez proche de ce que quelqu’un pourrai trouver lors d’une optimisation. Donc je ne peux jamais dire que je n’optimise pas.

Bien sûr, je vais prendre ma stratégie finale et réaliser quelques backtests sur des données passées. Parce que si ça ne fonctionne pas, ou si le profit par trade est trop petit, je dois trouver une alternative. Il se peut que la stratégie ait du sens, mais que le profit par trade ne couvre pas suffisament les coûts des commissions et du slippage. Comme vous le savez, si une stratégie est robuste alors ont devrait avoir la possibilité de la ralentir et la faire gagner plus par trade, ou l’accélérer et la faire gagner moins par trade. Je pense que ce sont des choix valables sans pour autant les considérer comme de l’optimisation. Mais c’est certainement régler les stratégies à vos besoins.

NV – Utilisez-vous des méthodes informatisées comme le processus de walk-forward, ou dans le cas contraire, comme vous l’avez expliqué, basez-vous vos décisions uniquement sur l’expérience pour éviter une sur-optimisation ?

Perry KaufmanPerry Kaufman – Quand je fais le test d’un système, disons que je suis principalement intéressé de savoir si la méthode que je viens de créer est robuste ou pas. C’est une question très importante. Ce que je fais avant tout, c’est choisir une plage de paramètres qui a du sens pour la méthode. Par exemple, en regardant un système de suivi de macro-tendance, je vais tester la vitesse de la tendance entre disons 40 à 120 jours. Ou, je pourrais tester différents facteurs pour prendre les bénéfices. Pour que chaque optimisation soit réussie, je veux qu’environ 70% des tests soient profitables. Donc je devrais pouvoir simplement fermer les yeux, prendre une combinaison au hasard et m’attendre (statistiquement) à ce qu’elle soit rentable.

Mais je ne prends pas les paramètres produisant les meilleur résultats aux backtests. Ce que je fais, c’est prendre un échantillon d’un certain nombre de combinaisons et les trader toutes. Ce que je fais vraiment, c’est rechercher une performance moyenne. Si je fais une optimisation sur un millier de combinaisons, le seul résultat qui m’intéresse vraiment c’est de savoir combien de ces combinaisons sont satisfaisantes et quel est le rendement moyen de l’ensemble des tests. Le rendement moyen est ma véritable cible, mon objectif. Ainsi quand je choisi de trader un certain nombre de paramètres différents, je ne souhaite que le rendement moyens.

Cela va décevoir beaucoup de gens, mais je pense que c’est réaliste. Nous ne savons pas vraiment ce que nous aurons dans l’avenir. Mais nous pouvons être sûr que nous allons obtenir la moyenne d’un certain nombre de tests produisant des résultats raisonnables.

NV – Merci pour tous ces détails. Quand il s’agit de trouver de nouvelles idées pour de nouveaux systèmes de trading, avez-vous une méthode ou un point de départ ? Où trouvez vous l’inspiration généralement ? Je suis sûr que tous les nouveaux traders sont interessés.

Perry Kaufman – Une autre question compliquée… trouver des idées de trading est peut être ce qu’il y a de plus difficile (ndlr le livre de Perry vous y aiderait certainement…). Parce qu’une fois que vous avez une bonne idée, vous pouvez en faire un système efficace (ndlr… et Apha Novae peut vous aider à ce niveau). D’abord vous devez observer le marché. Ensuite, il y a tellement de choses qui se produisent en économie et en saisonnalité… ou des choses que vous voyez dans le journal, à propos du prix du pétrole qui monte ou pourquoi le dollar a baissé. Vous devez être en mesure de les identifier et de dire eureka!, voici une idée dont je peux faire quelque chose. Ou alors, vous voyez qu’il y a beaucoup de livres sur le pair trading et vous estimez que l’arbitrage est une bonne approche. Mais d’autres ont déjà fait cela avant vous. Donc vous devez étudier ça et décider comment vos idées peuvent différer des autres.

Par exemple, tout le monde sait que l’on peut arbitrer une action dans le secteur pharmaceutique ou dans l’industrie automobile. Mais tant que d’autres feront ce même arbitrage, alors les bénéfices de ces trades seront très faibles et pas assez rentables. Il faut prendre du recul. L’ensemble du marché est devenu de plus en plus correlé à cause des programmes d’indexations. Un indice ou index récurrent est par exemple un groupe d’actions au sein de l’indice S&P. Les investisseurs placent leur ordres pour acheter ou vendre l’index. L’index de la compagnie entre et achète tous les stocks dans ce secteur, et entraine l’ensemble du groupe dans le même sens. Mais il y a certaines sociétés de ce groupe qui ne méritent pas d’être entraînées avec les autres, et il y a donc la possibilité de vendre cette société et d’acheter le secteur, ou d’acheter une autre action du panier et de vendre l’index. De manière générale, vous pouvez maintenant arbitrer deux composants du S&P parce que les programmes d’indexations les font converger puis diverger, puis re converger de nouveau. Il y a beaucoup d’opportunités.

NV – Globalement, tradez-vous plutôt en intraday, ou swing / moyen terme?

Perry Kaufman – Je préfère les stratégies en Daily (sur barres journalières)  parce qu’elles ont de plus grands profits par trade. Il y a beaucoup de concurrence partout, mais je pense qu’il est plus facile de travailler avec des données journalières. Et je soupçonne que pour la plupart des investisseurs, même de nombreux traders professionnels, le journalier est une unité plus facile à manipuler. Pour du trading Intraday, vous avez besoin de beaucoup plus de données. Vous devez être en mesure de placer des ordres durant la journée, ce qui est un inconvénient pour beaucoup de gens, et les profits par trade sont plus petits. De plus le trading Intraday est soumis au slippage et à d’autres soucis qui deviennent de vrais problèmes. Je crois qu’il y a beaucoup plus d’opportunités en journalier.

En fait, je fais de l’arbitrage en Intraday, mais je ne le fais pas en haute fréquence, en microsecondes. Je le fais en quelques heures.

NV -A propos de ce trading haute fréquence, tout le monde en parle, même en politique. Avez-vous une opinion à ce sujet? Devrait-il être interdit ou plus réglementé ou contrôlé? (ndlr vous pouvez voir ici un extrait de notre conférence sur le  Trading Haute Fréquence au Salon du Trading, et plus d’extraits du Salon du Trading ici).

Perry Kaufman – Si le trading haute fréquence gagne de l’argent, il extrait très certainement de l’argent que quelqu’un d’autre pourrait gagner. Mais peu importe qui gagne de l’argent, du moment que cela est fait honnêtement. Il n’y a rien de mal à une méthode faisant de l’arbitrage à la milli-seconde. Ils créent leur propre compétition. Jusqu’à présent, les traders haute fréquence se sont accordés avec échanges pour placer leurs ordinateurs aussi proche que possible de la source d’exécution afin de battre la concurrence d’une fraction de milliseconde. Les échanges temporisent désormais, vous ne pouvez pas être plus près, que disons 30 mètres, et vous ne pouvez pas partager le même espace que le coeur de l’échange même. Comme avec toutes les grandes méthode de trading, la compétition finira par réduire les bénéfices et de nombreuses sociétés fermeront. Je pense que le marché va prendre soin de lui-même.

NV – Pour changer un peu de sujet, je sais, après avoir lu certains de vos livres, que vous mettez souvent en avant le risque et le money management. Est-il au coeur de vos systèmes ? Et développez vous des modules spécifique de money management pour chaque stratégie ? Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur la manière dont vous gérez celui-ci ?

Perry Kaufman – Le management du risque est devenu encore plus important dans mon nouveau livre qui va bienôt sortir. J’ai fait en sorte que le management du risque soit expliqué un peu partout dans le livre. C’est surtout parce que nous avons été horriblement surpris par la crise des subprimes. Je suis l’un de ceux qui ne s’attendaient pas de l’amplitude de ce risque en 2008. J’ai continué à dire que cela n’irai pas plus loin, que cela s’arrêterait, la situation se rétablirait et les choses retourneraient à la normale. Nous ne nous attendions pas à quelque chose d’aussi important et d’aussi long. Et cela nécessite de repenser l’ensemble de vos concepts de risque. Vous ne voulez pas être balayé des marchés parce que vous avez mal géré le risque.

Donc j’ai passé au moins cinq ans à me concentrer sur le sujet et j’ai décidé que la gestion des risques est aussi important que le système sous-jacent. Quand le marché devient plus volatile, il faut réduire la taille de notre position. Mais plus important encore, lorsque le marché devient moins volatile, vous devez augmenter la taille de vos positions, car il y a de longues périodes de faible volatilité qui génèrent de bons profits. Si vous n’avez pas une position assez grande pendant les périodes de faible volatilité, vous ne pouvez pas obtenir le rendement que vous souhaitiez. Donc, pour les fortes et faibles volatilités, vous pouvez faire ce que j’appelle de “la stabilisation de la volatilité”. C’est un concept qui est familier à la plupart des professionnels, et qui consiste à ajuster la taille de vos position de manière continue, toujours en étant conscient du coût que cela représente. Parce qu’à chaque fois que vous changez la taille de vos positions, il y a un coût que l’on appelle le “rééquilibrage (rebalancing)”. Ensuite, vous devez faire attention à la fréquence à laquelle vous rééquilibrez, mais vous devez toujours rééquilibrer.

Les investisseurs qui placent de l’argent dans un programme méritent que leurs risques soient maîtrisés. Sans ceci, il y a plus de chance d’être mis dehors par le marché.  La diversification est également importante, mais presque tout le monde à déjà compris cela. Les traders devraient également examiner la valeur du risque (Value at Risk). Value at Risk est une formule qui indique la probabilité de perdre plus qu’une certaine valeur, compte tenu des positions que vous gérez. Ce n’est pas parfait, mais ça aide au contrôle du risque. Je sais que la formule est disponible dans de nombreux livres, et sûrement aussi dans Excel. Si vous êtes malin, vous réduirez votre exposition quand le VaR montrera un risque élevé.

Outre le risque sur le portefeuille, il y a le risque existant porté par chaque trade. Certaines personnes font face à cela avec des stop loss, mais je préfère faire gérer cela en prenant mes bénéfices et en sortant du marché dès que c’est possible. La prise de profit a l’avantage de nous mettre en dehors du marché. Par exemple, si vous n’êtes pas sur le marché un tiers du temps, alors vous réduisez de un tiers la possibilité de devoir endurer des mouvements violant et inattendus durant cette période. Votre risque global diminue. Ainsi, l’une des règles pour choisir la meilleure méthode de trading consiste à être en dehors du marché autant que possible. En faisant cela, vous évitez les situation inattendues et désagréable.

(ndlr – En n’étant pas sur le marché, vous pouvez également obtenir de la liquidité supplémentaire pour d’autres stratégies qui demandent à être présentes sur le marché à ces moments là. Ainsi vous obtenez une meilleure flexibilité sur votre trésorerie pour une allocation optimale)

Perry KaufmanNV – Merci pour tout. Pour parler plus technique maintenant, utilisez-vous des plateformes ou outils spécifiques pour automatiser vos stratégies ou vos backtests ?

Perry Kaufman – Oui je le fais, principalement avec des outils que j’ai developpé moi même… Cela fait 40 ans désormais que je le fais.

Un des problèmes avec les plateformes que l’on achète, et certaines sont très pratiques, est qu’elles peuvent être lentes, en particulier si vous travaillez avec beaucoup de données intraday. D’un autre coté, j’utilise souvent TradeStation pour jeter un coup d’oeil rapide aux trades et vérifier si une nouvelle idée semble raisonable. J’ai appris a utiliser TradeStation il y a des années car c’était un des premières plateformes sur laquelle il était possible de programmer et donc c’était très pratique. Cela explique pourquoi il y a beaucoup d’exemples venant de cette plateforme sur mon livre (ndlr nous recommandons désormais comme équivalent MultiCharts qui a l’avantage d’être multi-broker, est activement développée et possède le même langage que TradeStation). Nous avons aussi commencé à utiliser MetaStock parce que Thomson Reuters a fait un travail important pour l’amméliorer. Il y a bien sur beaucoup d’autres plateformes qui marcheront et qui seront bien moins chères.

NV – Oui il y en a des centaines et des centaines bien sûr (ndlr, cf sur notre forum les plateformes les plus utilisées)

Perry Kaufman – Oui bient sûr, mais je ne suis pas dans le business de construction des plateformes. Le plus grand avantage des plateformes est de pouvoir voir si une idée a du sens ou pas. J’utilise TradeStation ou MetaStock pour voir où les trades se situent à l’écran et vérifier qu’ils ne semblent pas stupides.

NV – Essayez-vous d’optimiser votre qualité d’exécution quand vous tradez? Ou ce n’est pas réellement important car vous ne tradez pas beaucoup sur les petites unités de temps?

Perry Kaufman – C’est correct mais j’ai trouvé que lorsque j’utilise des techniques de suivie de tendance, je préfère ne pas entrer sur le signal en lui même parce que les marchés ont tendance à être poussés et il y a beaucoup d’ordres qui se regroupent dans la zone de changement de tendance. J’ai trouvé que la meilleur approche consiste à attendre que le marché change de direction après le signal (pullback). Cela s’avère être une bonne technique pace que de temps en temps la tendance initiale s’inverse et il’y a pas besoin de changer la position. L’autre méthodeest le pyramidage, quelque soit le timeframe utilisé.

Par exemple, si vous êtres un trader de tendance macro et que vous allez garder votre position de 3 à 6 mois, vous pouvez prendre une semaine pour construire votre position. Et si vous tradez sur des untités de temps plus courtes, vous pouvez prendre une heure ou deux. En pyramidant, vous trouverez que vos résultats sont plus stables que si vous preniez juste votre signal d’entrée d’origine.

NV – Je sais que vous tradez les actions, les futures, les commodities, etc. Tradez-vous aussi sur le Forex?

Perry Kaufman – Oui, j’ai un programme très important de Fx Carry. Mais encore là, le Fx Carry se base sur une prémisse forte. C’est le concept que les investisseurs placent de l’argent dans les pays avec les plus hauts taux d’intérêts. Et c’est donc le mouvement de l’argent qui permet au Fx Carry de fonctionner. Mais c’est aussi un programme complexe parce que le principale est la gestion des risques. Vous devez éviter d’être pris dans une intervention de la banque centrale japonaise par exemple, qui pourrait tourner tos vos profits annuels en perte. C’est mon focus principal sur le Forex, bien qu’il fasse aussi parti des tous mes autres programmes de trend following et de tout ce que je fais d’autre. Mais j’aime particulièrement ce programme de Fx Carry.

NV – Vous avez auparavent évoqué votre livre, “New Trading Systems and Methods“, que beaucoup connaissent. A tel point que l’on s’y réfère souvent comme étant la “bible des systèmes de trading” (ndlr avec ces 1200 pages…). Vous nous disiez que l’on aura bientôt une nouvelle édition?

Perry Kaufman – Oui, une nouvelle édition dans quelques semaines. La sortie est pour très bientôt! (ndlr début février  et déjà disponible à la réservation sur Amazon). C’est une bonne mise à jour. Tous les exemples et les graphiques ont été remis à l’ordre du jour. Il y a beaucoup plus sur les arbitrages, plus sur les systèmes de trading et beaucoup plus concernant le management du risque tout au long du livre. C’est aussi mieux organisé. J’ai commencé à réaliser plus d’analyses pour expliquer si une méthode particulière est apropriée ou pas pour certains types d’investisseurs. Dans le passé, le livre était plus organisé comme une encyclopédie. Vous pouviez choisir un sujet qui vous interessait et voir comment ça marchait. Maintenant, j’essaie de transmettre une meilleur compréhension du système, quand l’utiliser, quand ca ne marche pas et si d’autres méthodes plus simples donnent de meilleurs résultats. Donc j’espère que les lecteurs apprécieront ces changements.

NV – Oui, je le pense. Personellement, j’ai commencé à découvrir les stratégies de trading automatiques il y a plusieurs années en grande partie grâce à votre livre, je suis donc heureux de voir une nouvelle version. Et avez-vous d’autres projets pour le future?

Perry Kaufman – Oui, je travaille sur des programmes pour UBS et RBS, et j’ai un programme qui tourne en ce moment chez RBS. J’essaie de rester pertinent comme on dit, continuant à travailler avec les principales institutions. Le programme pour UBS sera un de l’arbitrage de valeur relative, similaire à du pair trading. Tandis que pour Thomson Reuters, ce sera à la fois des stratégies propriétaires et une boîte à outil de stratégies. Donc j’espère que les investisseurs apprécieront.

NV – Merci beaucoup de tous ces détails et du temps que vous avez passé avec nous aujourd’hui. Je sais que vous êtes un homme très occupé, donc encore merci.

Vous pouvez réagir à cet interview sur notre forum ici.

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