Interview (longue!) de Nicolas Vitale par VideoBourse: Actualités, trading automatique et algorithmique, AlphaTrader…

Merci à Fabien de VideoBourse.fr pour cette interview de 3h (rien que ça…)

Nous avons pu dsicuter des actualités d’Alpha Novae et de Trading-Automatique.fr, du trading automatique et algorithmique, d’AlphaTrader, du fonctionnement des marchés, du relancement de Trading-Automatique.fr, etc.

 

Podcast: Interview de Perry Kaufman, l’auteur de la bible des systèmes de trading

{plusone}

Nous avons eu récemment l’opportunité de discuter avec Perry Kaufman, un trader systématique internationalement reconnu et auteur du livre surnommé la “bible des systèmes de trading“: New Trading Systems and Methods.

Perry Kaufman est aussi le directeur de Kaufman Analytics, une entreprise qui fournit des stratégies de trading et du conseil aux institutionnels et aux investisseurs privés.

Il y a beaucoup de choses intéressantes dans cet interview d’une grosse trentaine de minutes, et je vous encourage donc à prendre le temps de l’écouter. Encore merci à Perry, un “grand” monsieur du trading, resté malgré tout humble et sympathique… après plus de 40 ans sur les marchés!

Perry étant américain, l’interview (podcast ci-dessous) est en anglais. Nous avons donc réalisé une transcription du podcast en anglais ici et en français ci-dessous pour n’oublier personne… Les réactions à cet interview sur notre forum sont ici.

 

audio:

fichier téléchargeable ici

 

NV (Nicolas Vitale) – Bonjour Perry, comment allez vous ?

Perry Kaufman – Bien merci. C’est un plaisir de vous entendre.

NV – Merci beaucoup d’être avec nous aujourd’hui! Je sais que vous êtes actif sur les marchés depuis de nombreuses années, mais vous avez commencé commencé votre carrière en tant que scientifique dans le spatial. Pouvez-vous nous expliquer cela un petit peu ?

Perry KaufmanPerry Kaufman – Lorsque je fais des présentations à mes clients, je me suis rendu compte avec surprise qu’ils étaient très intéressés par mon passé dans l’aérospatiale. C’était un époque très intéressante parce que j’ai travaillé sur le dispositif de navigation de Gemini, un véhicule spatial à deux places, et ce dispositif a été utilisé par la suite dans Apollo, car il faut toujours développer la technologie en amont. Et j’étais très jeune, très passionné, et à cette époque nous étions à l’état de l’art en mathématiques… mais je pense que quiconque sort de l’université aujourd’hui en sait plus que nous à cette époque. Mais tout ça était très excitant! J’ai travaillé dessus pendant un moment, puis en 1969, j’ai crée ma propre compagnie d’informatique.

Puis on est venu me voir avec un problème sur les options. C’était des options londoniennes, il y a longtemps. Et c’était si intéressant que l’on n’a jamais arrêté.  On a juste changé notre domaine activité qui était le remboursement des frais médicaux. Bien sûr cela aurait pu devenir très rentable. Mais nous sommes passés aux options, puis aux futures et aux autres instruments des marchés financiers… Et on a continué.  C’était un domaine dans lequel il fallait tomber dedans. Aucune formation n’était disponible, et toutes les personnes du milieu venaient d’horizons différents et avaient leur propre type de compétences. C’était une époque fascinante! Peut être que ce l’est toujours…, mais il y a désormais bien plus de compétitivité qu’il n’y en avait.

NV – Et avez-vous trouvé des similitudes entre ce que vous faisiez dans le secteur spatial et l’ingénierie financière ? Et plus particulièrement en mathématiques ?

Perry Kaufman – Oui, cela peut paraître simple maintenant, mais avant, outre le programme spatial, j’ai aussi travaillé dans le domaine des missiles et de la reconnaissance. Et nous utilisions le lissage exponentiel pour estimer où un missile allait atterrir et quelle en serait sa trajectoire. Et beaucoup de mes collègues du programme spatial avaient le temps de trader leur propre portefeuille d’actions. J’avais donc l’habitude d’appliquer des moyennes exponentielles (et les autres types de moyennes mobiles) sur les actions. Et le marché était bien plus lisse et moins parasité qu’il ne l’est maintenant. Beaucoup d’ingénieurs ont gagné des sommes importantes d’argent avec des méthodes très simples. Je sais que même en 1980, ce qui fait probablement longtemps pour vous (ndlr – oui en effet, je n’étais pas encore né 😉 quand j’ai commencé à faire du consulting pour une compagnie pétrolière et que nous tradions beaucoup d’argent, le marché du pétrole n’était utilisé que par les professionnel du secteur pétrolier. Et vous pouviez utiliser une moyenne mobile sur une période de 3 jours… et faire beaucoup d’argent. Quand les prix partaient à la hausse, ils continuaient à monter, quand ils partaient à la baisse, ils continuaient à baisser. Les méthodes les plus simple de suivi de tendance étaient très profitables.

NV – Pensez-vous que le marché d’aujourd’hui est plus difficile qu’il ne l’était autrefois ?

Perry Kaufman – Il est beaucoup plus difficile. A cause de tous les fonds mutuels, de tous les types d’investisseurs et de la montée de la concurrence, les volumes sont beaucoup plus élevés qu’auparavant. Les gens ont des opinions différentes, qu’elles soient à la hausse ou à la baisse, et toutes ces ordres placés à moments différents pour des raisons différentes entraînent une quantité importante de bruit sur le marché. Et ce bruit rend difficile la reconnaissance de la tendance à court terme. On se rend compte alors que l’on ne peut appliquer les méthodes de suivi de tendance sur les petits intervalles de temps. C’est trop bruitté. Le seul suivi de tendance qui a du succès est celui de la macro-tendance, où vous essayez de prendre position à plus long terme, ce qui représente un point de vue fondamental sur le marché boursier et la politique des taux d’intérêts. C’est une tendance qui peut se développer au fil du temps. Parce que dans le court terme, les prix font que trop monter et descendre pour être en mesure de vraiment identifier une tendance de manière fiable.

NV – Je sais que vous avez plutôt un penchant pour les stratégies qui ont un fort sous-jacent économique important, quelque chose lié à la nature des marchés, plutôt que celles basées sur les nouvelles méthodes d’intelligence artificielles ou autres méthodes informatisées. Pourriez vous nous expliquer pourquoi ?

Perry Kaufman – En fait, ce n’est pas tout à fait vrai. Mes méthodes sont toutes algorithmiques. J’aime seulement les méthodes qui ont ce que je j’appelle une prémisse solide. J’utilise l’ordinateur pour trouver des solutions, mais j’ai besoin d’avoir une prémisse que je considère correcte, avant de commencer à travailler sur le système.

J’aime par exemple la saisonnalité des marchés agricoles, nous pouvons développer un programme qui dit : “si les prix sont bas au printemps avant les plantations et hauts en été, alors le marché est saisonnier”. Une fois que vous avez identifié la présence d’une structure saisonnière, alors vous pouvez comprendre comment la trader. Et on peut explorer algorithmiquement. Aussi, j’aime l’arbitrage et je fais beaucoup de trading de paires (“pair trading””). Le pair trading a aussi une prémisse importante. Sur des marchés qui ont des relations fortes les uns aux autres, quand ils divergent, j’en vends un, et j’achète l’autre, en attendant qu’ils re convergent. Le pair trading et la saisonnabilité sont des méthodes très populaires qui peuvent être entièrement automatisées. Et chacun ont un fondement économique réel qui n’est pas remis en question..

Prenez par exemple un indicateur comme le Relative Strength (cf RSI), et essayez de comprendre où acheter et vendre le marché en fonction des niveaux de surachat et de survente, c’est simplement une approche vouée à l’échec. Peut-être que c’est trop simple. Mais c’est surtout parce qu’il n’y a pas de prémisse solide. Tout simplement parce que les prix sont à un certain niveau arbitraire de surachat ou survente ne signifie pas pour autant que les prix vont changer de direction dans quelques jours. Ils peuvent continuer à monter pendant une plus longue période de temps. Donc ces zones ne sont pas suffisantes en tant que tel  pour une stratégie. Et en trouver une qui semble fonctionner est une méthode pour se tromper.

NV – Et en parlant de méthodes informatisées, optimisez vous vos stratégies ?

Perry Kaufman – C’est une question très difficile. Chacun optimise jusqu’à un certain point. Par exemple, quand je cherche à prendre mes profits dans un système particulier, j’utilise le Average True Range (ATR) comme un indicateur de volatilité. Je sais, car je l’ai fait pendant très longtemps, que cibler un objectif de sortie de position basé sur un ATR de facteur 3 ou 4 marche. Je n’ai même pas besoin de le tester pour savoir que c’est bon. Ainsi, quand vous avez assez d’expérience, vous optimisez toujours. Vous savez aussi que les moyennes mobiles en longs terme fonctionnent, mais celles en court termes ne fonctionnent pas. Vous n’avez même pas besoin de vous embêter à les essayer. Donc ma première conjecture quant à la façon de spécifier les paramètres du système vont être assez proche de ce que quelqu’un pourrai trouver lors d’une optimisation. Donc je ne peux jamais dire que je n’optimise pas.

Bien sûr, je vais prendre ma stratégie finale et réaliser quelques backtests sur des données passées. Parce que si ça ne fonctionne pas, ou si le profit par trade est trop petit, je dois trouver une alternative. Il se peut que la stratégie ait du sens, mais que le profit par trade ne couvre pas suffisament les coûts des commissions et du slippage. Comme vous le savez, si une stratégie est robuste alors ont devrait avoir la possibilité de la ralentir et la faire gagner plus par trade, ou l’accélérer et la faire gagner moins par trade. Je pense que ce sont des choix valables sans pour autant les considérer comme de l’optimisation. Mais c’est certainement régler les stratégies à vos besoins.

NV – Utilisez-vous des méthodes informatisées comme le processus de walk-forward, ou dans le cas contraire, comme vous l’avez expliqué, basez-vous vos décisions uniquement sur l’expérience pour éviter une sur-optimisation ?

Perry KaufmanPerry Kaufman – Quand je fais le test d’un système, disons que je suis principalement intéressé de savoir si la méthode que je viens de créer est robuste ou pas. C’est une question très importante. Ce que je fais avant tout, c’est choisir une plage de paramètres qui a du sens pour la méthode. Par exemple, en regardant un système de suivi de macro-tendance, je vais tester la vitesse de la tendance entre disons 40 à 120 jours. Ou, je pourrais tester différents facteurs pour prendre les bénéfices. Pour que chaque optimisation soit réussie, je veux qu’environ 70% des tests soient profitables. Donc je devrais pouvoir simplement fermer les yeux, prendre une combinaison au hasard et m’attendre (statistiquement) à ce qu’elle soit rentable.

Mais je ne prends pas les paramètres produisant les meilleur résultats aux backtests. Ce que je fais, c’est prendre un échantillon d’un certain nombre de combinaisons et les trader toutes. Ce que je fais vraiment, c’est rechercher une performance moyenne. Si je fais une optimisation sur un millier de combinaisons, le seul résultat qui m’intéresse vraiment c’est de savoir combien de ces combinaisons sont satisfaisantes et quel est le rendement moyen de l’ensemble des tests. Le rendement moyen est ma véritable cible, mon objectif. Ainsi quand je choisi de trader un certain nombre de paramètres différents, je ne souhaite que le rendement moyens.

Cela va décevoir beaucoup de gens, mais je pense que c’est réaliste. Nous ne savons pas vraiment ce que nous aurons dans l’avenir. Mais nous pouvons être sûr que nous allons obtenir la moyenne d’un certain nombre de tests produisant des résultats raisonnables.

NV – Merci pour tous ces détails. Quand il s’agit de trouver de nouvelles idées pour de nouveaux systèmes de trading, avez-vous une méthode ou un point de départ ? Où trouvez vous l’inspiration généralement ? Je suis sûr que tous les nouveaux traders sont interessés.

Perry Kaufman – Une autre question compliquée… trouver des idées de trading est peut être ce qu’il y a de plus difficile (ndlr le livre de Perry vous y aiderait certainement…). Parce qu’une fois que vous avez une bonne idée, vous pouvez en faire un système efficace (ndlr… et Apha Novae peut vous aider à ce niveau). D’abord vous devez observer le marché. Ensuite, il y a tellement de choses qui se produisent en économie et en saisonnalité… ou des choses que vous voyez dans le journal, à propos du prix du pétrole qui monte ou pourquoi le dollar a baissé. Vous devez être en mesure de les identifier et de dire eureka!, voici une idée dont je peux faire quelque chose. Ou alors, vous voyez qu’il y a beaucoup de livres sur le pair trading et vous estimez que l’arbitrage est une bonne approche. Mais d’autres ont déjà fait cela avant vous. Donc vous devez étudier ça et décider comment vos idées peuvent différer des autres.

Par exemple, tout le monde sait que l’on peut arbitrer une action dans le secteur pharmaceutique ou dans l’industrie automobile. Mais tant que d’autres feront ce même arbitrage, alors les bénéfices de ces trades seront très faibles et pas assez rentables. Il faut prendre du recul. L’ensemble du marché est devenu de plus en plus correlé à cause des programmes d’indexations. Un indice ou index récurrent est par exemple un groupe d’actions au sein de l’indice S&P. Les investisseurs placent leur ordres pour acheter ou vendre l’index. L’index de la compagnie entre et achète tous les stocks dans ce secteur, et entraine l’ensemble du groupe dans le même sens. Mais il y a certaines sociétés de ce groupe qui ne méritent pas d’être entraînées avec les autres, et il y a donc la possibilité de vendre cette société et d’acheter le secteur, ou d’acheter une autre action du panier et de vendre l’index. De manière générale, vous pouvez maintenant arbitrer deux composants du S&P parce que les programmes d’indexations les font converger puis diverger, puis re converger de nouveau. Il y a beaucoup d’opportunités.

NV – Globalement, tradez-vous plutôt en intraday, ou swing / moyen terme?

Perry Kaufman – Je préfère les stratégies en Daily (sur barres journalières)  parce qu’elles ont de plus grands profits par trade. Il y a beaucoup de concurrence partout, mais je pense qu’il est plus facile de travailler avec des données journalières. Et je soupçonne que pour la plupart des investisseurs, même de nombreux traders professionnels, le journalier est une unité plus facile à manipuler. Pour du trading Intraday, vous avez besoin de beaucoup plus de données. Vous devez être en mesure de placer des ordres durant la journée, ce qui est un inconvénient pour beaucoup de gens, et les profits par trade sont plus petits. De plus le trading Intraday est soumis au slippage et à d’autres soucis qui deviennent de vrais problèmes. Je crois qu’il y a beaucoup plus d’opportunités en journalier.

En fait, je fais de l’arbitrage en Intraday, mais je ne le fais pas en haute fréquence, en microsecondes. Je le fais en quelques heures.

NV -A propos de ce trading haute fréquence, tout le monde en parle, même en politique. Avez-vous une opinion à ce sujet? Devrait-il être interdit ou plus réglementé ou contrôlé? (ndlr vous pouvez voir ici un extrait de notre conférence sur le  Trading Haute Fréquence au Salon du Trading, et plus d’extraits du Salon du Trading ici).

Perry Kaufman – Si le trading haute fréquence gagne de l’argent, il extrait très certainement de l’argent que quelqu’un d’autre pourrait gagner. Mais peu importe qui gagne de l’argent, du moment que cela est fait honnêtement. Il n’y a rien de mal à une méthode faisant de l’arbitrage à la milli-seconde. Ils créent leur propre compétition. Jusqu’à présent, les traders haute fréquence se sont accordés avec échanges pour placer leurs ordinateurs aussi proche que possible de la source d’exécution afin de battre la concurrence d’une fraction de milliseconde. Les échanges temporisent désormais, vous ne pouvez pas être plus près, que disons 30 mètres, et vous ne pouvez pas partager le même espace que le coeur de l’échange même. Comme avec toutes les grandes méthode de trading, la compétition finira par réduire les bénéfices et de nombreuses sociétés fermeront. Je pense que le marché va prendre soin de lui-même.

NV – Pour changer un peu de sujet, je sais, après avoir lu certains de vos livres, que vous mettez souvent en avant le risque et le money management. Est-il au coeur de vos systèmes ? Et développez vous des modules spécifique de money management pour chaque stratégie ? Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur la manière dont vous gérez celui-ci ?

Perry Kaufman – Le management du risque est devenu encore plus important dans mon nouveau livre qui va bienôt sortir. J’ai fait en sorte que le management du risque soit expliqué un peu partout dans le livre. C’est surtout parce que nous avons été horriblement surpris par la crise des subprimes. Je suis l’un de ceux qui ne s’attendaient pas de l’amplitude de ce risque en 2008. J’ai continué à dire que cela n’irai pas plus loin, que cela s’arrêterait, la situation se rétablirait et les choses retourneraient à la normale. Nous ne nous attendions pas à quelque chose d’aussi important et d’aussi long. Et cela nécessite de repenser l’ensemble de vos concepts de risque. Vous ne voulez pas être balayé des marchés parce que vous avez mal géré le risque.

Donc j’ai passé au moins cinq ans à me concentrer sur le sujet et j’ai décidé que la gestion des risques est aussi important que le système sous-jacent. Quand le marché devient plus volatile, il faut réduire la taille de notre position. Mais plus important encore, lorsque le marché devient moins volatile, vous devez augmenter la taille de vos positions, car il y a de longues périodes de faible volatilité qui génèrent de bons profits. Si vous n’avez pas une position assez grande pendant les périodes de faible volatilité, vous ne pouvez pas obtenir le rendement que vous souhaitiez. Donc, pour les fortes et faibles volatilités, vous pouvez faire ce que j’appelle de “la stabilisation de la volatilité”. C’est un concept qui est familier à la plupart des professionnels, et qui consiste à ajuster la taille de vos position de manière continue, toujours en étant conscient du coût que cela représente. Parce qu’à chaque fois que vous changez la taille de vos positions, il y a un coût que l’on appelle le “rééquilibrage (rebalancing)”. Ensuite, vous devez faire attention à la fréquence à laquelle vous rééquilibrez, mais vous devez toujours rééquilibrer.

Les investisseurs qui placent de l’argent dans un programme méritent que leurs risques soient maîtrisés. Sans ceci, il y a plus de chance d’être mis dehors par le marché.  La diversification est également importante, mais presque tout le monde à déjà compris cela. Les traders devraient également examiner la valeur du risque (Value at Risk). Value at Risk est une formule qui indique la probabilité de perdre plus qu’une certaine valeur, compte tenu des positions que vous gérez. Ce n’est pas parfait, mais ça aide au contrôle du risque. Je sais que la formule est disponible dans de nombreux livres, et sûrement aussi dans Excel. Si vous êtes malin, vous réduirez votre exposition quand le VaR montrera un risque élevé.

Outre le risque sur le portefeuille, il y a le risque existant porté par chaque trade. Certaines personnes font face à cela avec des stop loss, mais je préfère faire gérer cela en prenant mes bénéfices et en sortant du marché dès que c’est possible. La prise de profit a l’avantage de nous mettre en dehors du marché. Par exemple, si vous n’êtes pas sur le marché un tiers du temps, alors vous réduisez de un tiers la possibilité de devoir endurer des mouvements violant et inattendus durant cette période. Votre risque global diminue. Ainsi, l’une des règles pour choisir la meilleure méthode de trading consiste à être en dehors du marché autant que possible. En faisant cela, vous évitez les situation inattendues et désagréable.

(ndlr – En n’étant pas sur le marché, vous pouvez également obtenir de la liquidité supplémentaire pour d’autres stratégies qui demandent à être présentes sur le marché à ces moments là. Ainsi vous obtenez une meilleure flexibilité sur votre trésorerie pour une allocation optimale)

Perry KaufmanNV – Merci pour tout. Pour parler plus technique maintenant, utilisez-vous des plateformes ou outils spécifiques pour automatiser vos stratégies ou vos backtests ?

Perry Kaufman – Oui je le fais, principalement avec des outils que j’ai developpé moi même… Cela fait 40 ans désormais que je le fais.

Un des problèmes avec les plateformes que l’on achète, et certaines sont très pratiques, est qu’elles peuvent être lentes, en particulier si vous travaillez avec beaucoup de données intraday. D’un autre coté, j’utilise souvent TradeStation pour jeter un coup d’oeil rapide aux trades et vérifier si une nouvelle idée semble raisonable. J’ai appris a utiliser TradeStation il y a des années car c’était un des premières plateformes sur laquelle il était possible de programmer et donc c’était très pratique. Cela explique pourquoi il y a beaucoup d’exemples venant de cette plateforme sur mon livre (ndlr nous recommandons désormais comme équivalent MultiCharts qui a l’avantage d’être multi-broker, est activement développée et possède le même langage que TradeStation). Nous avons aussi commencé à utiliser MetaStock parce que Thomson Reuters a fait un travail important pour l’amméliorer. Il y a bien sur beaucoup d’autres plateformes qui marcheront et qui seront bien moins chères.

NV – Oui il y en a des centaines et des centaines bien sûr (ndlr, cf sur notre forum les plateformes les plus utilisées)

Perry Kaufman – Oui bient sûr, mais je ne suis pas dans le business de construction des plateformes. Le plus grand avantage des plateformes est de pouvoir voir si une idée a du sens ou pas. J’utilise TradeStation ou MetaStock pour voir où les trades se situent à l’écran et vérifier qu’ils ne semblent pas stupides.

NV – Essayez-vous d’optimiser votre qualité d’exécution quand vous tradez? Ou ce n’est pas réellement important car vous ne tradez pas beaucoup sur les petites unités de temps?

Perry Kaufman – C’est correct mais j’ai trouvé que lorsque j’utilise des techniques de suivie de tendance, je préfère ne pas entrer sur le signal en lui même parce que les marchés ont tendance à être poussés et il y a beaucoup d’ordres qui se regroupent dans la zone de changement de tendance. J’ai trouvé que la meilleur approche consiste à attendre que le marché change de direction après le signal (pullback). Cela s’avère être une bonne technique pace que de temps en temps la tendance initiale s’inverse et il’y a pas besoin de changer la position. L’autre méthodeest le pyramidage, quelque soit le timeframe utilisé.

Par exemple, si vous êtres un trader de tendance macro et que vous allez garder votre position de 3 à 6 mois, vous pouvez prendre une semaine pour construire votre position. Et si vous tradez sur des untités de temps plus courtes, vous pouvez prendre une heure ou deux. En pyramidant, vous trouverez que vos résultats sont plus stables que si vous preniez juste votre signal d’entrée d’origine.

NV – Je sais que vous tradez les actions, les futures, les commodities, etc. Tradez-vous aussi sur le Forex?

Perry Kaufman – Oui, j’ai un programme très important de Fx Carry. Mais encore là, le Fx Carry se base sur une prémisse forte. C’est le concept que les investisseurs placent de l’argent dans les pays avec les plus hauts taux d’intérêts. Et c’est donc le mouvement de l’argent qui permet au Fx Carry de fonctionner. Mais c’est aussi un programme complexe parce que le principale est la gestion des risques. Vous devez éviter d’être pris dans une intervention de la banque centrale japonaise par exemple, qui pourrait tourner tos vos profits annuels en perte. C’est mon focus principal sur le Forex, bien qu’il fasse aussi parti des tous mes autres programmes de trend following et de tout ce que je fais d’autre. Mais j’aime particulièrement ce programme de Fx Carry.

NV – Vous avez auparavent évoqué votre livre, “New Trading Systems and Methods“, que beaucoup connaissent. A tel point que l’on s’y réfère souvent comme étant la “bible des systèmes de trading” (ndlr avec ces 1200 pages…). Vous nous disiez que l’on aura bientôt une nouvelle édition?

Perry Kaufman – Oui, une nouvelle édition dans quelques semaines. La sortie est pour très bientôt! (ndlr début février  et déjà disponible à la réservation sur Amazon). C’est une bonne mise à jour. Tous les exemples et les graphiques ont été remis à l’ordre du jour. Il y a beaucoup plus sur les arbitrages, plus sur les systèmes de trading et beaucoup plus concernant le management du risque tout au long du livre. C’est aussi mieux organisé. J’ai commencé à réaliser plus d’analyses pour expliquer si une méthode particulière est apropriée ou pas pour certains types d’investisseurs. Dans le passé, le livre était plus organisé comme une encyclopédie. Vous pouviez choisir un sujet qui vous interessait et voir comment ça marchait. Maintenant, j’essaie de transmettre une meilleur compréhension du système, quand l’utiliser, quand ca ne marche pas et si d’autres méthodes plus simples donnent de meilleurs résultats. Donc j’espère que les lecteurs apprécieront ces changements.

NV – Oui, je le pense. Personellement, j’ai commencé à découvrir les stratégies de trading automatiques il y a plusieurs années en grande partie grâce à votre livre, je suis donc heureux de voir une nouvelle version. Et avez-vous d’autres projets pour le future?

Perry Kaufman – Oui, je travaille sur des programmes pour UBS et RBS, et j’ai un programme qui tourne en ce moment chez RBS. J’essaie de rester pertinent comme on dit, continuant à travailler avec les principales institutions. Le programme pour UBS sera un de l’arbitrage de valeur relative, similaire à du pair trading. Tandis que pour Thomson Reuters, ce sera à la fois des stratégies propriétaires et une boîte à outil de stratégies. Donc j’espère que les investisseurs apprécieront.

NV – Merci beaucoup de tous ces détails et du temps que vous avez passé avec nous aujourd’hui. Je sais que vous êtes un homme très occupé, donc encore merci.

Vous pouvez réagir à cet interview sur notre forum ici.

livre perry kaufman

Compte rendu de la Global Algorithmic Trading conference à l’UCL

Mise à jour le 04/07/2011 ( voire plus bas précisions concernant la compétition )

 

Vous saviez sans doute que l’équipe Alpha Novae était representé lors de la Global Algorithmic Trading Competition conference a l’UCL et bien pour vous lecteurs de Trading Automatique nous avons décidé de vous faire un petit compte rendu de ce que nous avons vu et entendu. Un petit voyage au coeur de Londres en quelque sorte ( l’eurostar et les fish & ships en moins ).

Pour ceux qui n’ont pas suivi, la conférence en question se déroulait au sein de UCL ( University College of London ), une université prestigieuse réputée tant pour la qualité de son enseignement que pour ses recherches dans des domaines très variés. La conférence en elle même était axée autour du trading algorithmique “professionnel” et donc plus sur le trading algorithmique ou le High Frequency Trading institutionnel que sur le trading automatique tel que nous le connaissons sur MT4 ;). Tout au long de la journée se sont succédés des représentants de Microsoft, Barclays Capital, City, Knight ou encore LMAX lors de petites présentations de 20 minutes. J’essaierai donc ici de vous donner un petit aperçu de ce sur quoi travaille tout ce beau monde ( enfin ce qu’ils veulent bien nous dévoiler ).

Tout d’abord commençons par une petite visite du campus de UCL. (University College of London)

 

Vous voyez ici l’entrée principale de la célèbre université. A noter pour tous les étudiants qui nous lisent que UCL est à ce jour la seule université ( au moins européenne ) à proposer des formations dans le domaine du trading algorithmique, notamment avec le MSc in Finantial Computing. En 2010, UCL est classée 4ème meilleure université mondiale par le QS World University Rankings, 21ème par le Academic Ranking of World Universities et 22ème dans le monde par le Times Higher Education World University Rankings. Au niveau européen, elle est classée respectivement 2ème, 3ème et 5ème par les mêmes classements. Si vous êtes passionné par le trading automatique et que vous déplorez le manque de formations proposés en France, voila une alternative qui me parait des plus intéressante ( attention toutefois aux frais de scolarité et aux conditions d’admission ). En ce qui nous concernait la conférence avait naturellement lieu dans le département “computer science” de l’université qui bien qu’un peu dure à trouver  s’est révélé très fonctionnel et bien équipé.

Rentrons maintenant dans le vif du sujet. Voila maintenant mon petit compte rendu des différentes présentations auxquelles nous avons assisté :

La première intervention était assurée par un professeur de UCL du nom de Philip Treleaven. Celui ci commença par nous rappeler à quel point le trading algorithmique faisait maintenant parti intégrante des marchés puisqu’il représenterait aux US entre 60 et 70% du volumes des trades sur les actions. Si toutes ces positions ont été ouvertes automatiquement il convient néanmoins de différencier les simples algorithmes d’executions, les activites de market making ou d’arbitrage et les fameuses black box. Car ce sont bien ici l’alpha et la modélisation de stratégies génératrices de profits qui nous intéressent. Voici un shéma d’un système de trading automatique telle qu’il nous l’a été présenté.

Donc selon ce même professeur les flux de données seraient en quelque sorte à nos boites noires ce que le sang est à l’humain. “the more data you have, the more success” ajouta-t-il. Et si les stratégies classiques utilisent aujourd’hui pour données les cours des instruments tradés, l’intervenant insistait sur l’opportunité que représenterait l’ajout de données de type “social” dans nos boites noires ( des informations de news ou encore des données tirées de réseaux sociaux comme twitter).

 

La seconde présentation était donné par Chris Donnan de chez Barclays Capital. On y apprenait que pour réaliser des profits dans le milieu archi-concurrentiel du trading algorithmique, Barclays travaille essentiellement sur 4 facteurs : le hardware ( plus de 800 machines dédiées ) le software ( avec un framework développé pour et  par Barclays ) le networking (echanger le plus rapidement possible) et le relationships ( l’échange entre traders quants et autres analystes ). Le quant desk arriverait ainsi à placer 8 trades à la seconde et réaliserait entre 200 et 250 milles transactions par jour ( si ça c’est pas du HFT…). Le monsieur concluait ainsi “The technology is really the core of the business” même s’il soulignait que les 3 autres facteurs dont nous parlions plus haut étaient aussi des pieces essentielles dans le puzzle du trading algorithmique. Pour finir j’ajouterai une autre petite citation “Working in automated trading is exciting as they are big hairy puzzles to solve”

 

La troisième intervention présentait le concours lancé par UCL et tous ses sponsors autour du trading automatique. C’est une compétition des plus attrayante puisque comme le soulignait l’intervenant, les 20 000 pounds de cash prize sont finalement peu comparé à ce que gagnera le vaincoeur qui pourra se vanter sur son CV d’être arrivé premier. J’encouragerai ainsi tous les membres de trading-automatique.fr intéressés à concourir à titre personnel ou mieux, à travailler ensemble pour la victoire puisque les projets en équipe sont autorisés. Voici maintenant la liste des prix :

– The best algorithm Microsoft Prize : 5000 pounds (+ 2500GBP selon la performance)

– La meilleure utilisation de la technologie Microsoft : 2500 pounds

– Barclays Capital Prize for best competition entry by a female contestant : 2500 pounds

– CitiFX Prize for best trading model : 5000 pounds

– Knight Capital’s Prize for Best Use of Data : 5000 pounds

Soit 20 000 pounds,  pour la femme qui a programmé le meilleur algorithme en utilisant la technologie microsoft et en utilisant des données de façon intelligente et innovante ! ( facile hein..? si vous êtes un homme sa fera toujours 17 500 pounds )

 

Mise à jour le 04/07/2011

Ucl nous a communiqué comme convenu le calendrier de la fameuse competition. La phase effective de trades pour les robot concourrants se déroulera du 1er Novembre au 1er Decembre ce qui laisse à tout le monde le temps de se préparer.

Timetable for Algorithmic Trading Competition

Date (2011)

Action

15th Aug

The competition website up and ready to use, for all contestants all documentation available. A URL will be sent out.

01st Sep

Launch of Registration stage for the Competition

01st Oct

Launch of Development stage

01st Nov

Trading commences for contestants

01st Dec

Competition closed, trading terminates for contestants

20th Dec

Winners will be announced

Early 2012

Prizes will be awarded

 

A noter également que comme nous l’avions annoncé, il a été confirmé que les projets en équipe étaient autorisés et qu’il n’y aurait aucune pennalité en terme de notation et de cash prize.

Soyez nombreux à participer c’est une opportunité pour les meilleurs de se faire un gros nom dans le milieu. Par ailleurs la periode évaluée étant relativement courte presque n’importe qui pourrait gagner 5000 livres sur un coup de chance ( gros levier, pyramidage quand tu nous tiens … )

Fin de la MAJ

La quatrième intervention était tenu par Dr John Loizides et concernait le trading haute fréquence sur le Forex pour City. Le Forex est un domaine assez récent pour le trading algorithmique et haute fréquence, contrairement aux equities qui sont les marchés sources. Afin de trader sur des UTs toujours plus courts les algorithmes traitent une quantité toujours plus importante de données comme vous pouvez le voire ici.

La capacité de traiter et d’analyser ces données est un paramètre déterminant dans l’élaboration d’algorithmes. Aujourd’hui plus de 100 GB de données sont disponibles chaque jour aux institutionnels. En ce qui concerne le langage de programmation utilisé il varie beaucoup selon les besoins (FPGA’s, C/C++, C#, KDB+, Q, JAVA). J’ajouterai enfin une citation qui a attiré mon attention “The ability to find real market indicators within the high frequency world with a respectable profit and loss profile is difficult, but very achievable with the correct mathematical and technological approach.”

 

La cinquième intervention était celle de Microsoft qui nous présentait son “nouveau” langage de programmation : le F#: un code simple pour des problemes complexes ( c’est moi ou ils disent ça à chaque fois ?). Pour les programmeurs voici quelques points clés du dit-langage :

On peut utiliser toutes les libraires de C#  de .net en général. Rien n’oblige à re-coder tous vos anciens outils en F#. F# peut etre intégré à un environnement utilisant des standards en terme de langage. C’est un langage orienté mathématique. Cela en fait un outil très attrayant pour les quants mais qui peut s’avérer utile pour toute autre application financière.

Ajoutons qu’il permet aux quants de contribuer directement au développement d’outils ( pas besoin de coder en langage mathématique puis en c++ )

Finalement le f# se trouve entre le C++ et un langage purement mathématique ( plus proche du python par exemple )

Pour finir voici les tendances hardware pour le future selon Microsoft:

– Le clouding
– Le multicore

 

Enfin, LMAX, le London Multiple Asset Exchange qui est le premier échange (MTF) pour le trading Forex et CFD, a donné une conférence sur sa capacité à gérer le risque global du trading de ses clients au tick par tick, ce qui est une innovation dans le domaine. En effet, la plateforme LMAX issue de la technologie Betfair gére par jour plus de trades que l’ensemble des échanges boursiers professionnels. En effet, le monde retail multiplie le nombre de traders, qui ont tendance a prendre beaucoup plus de risques que des professionnels. Chaque transaction doit donc etre validee, et a chaque tick le risque global calcule. Sachant que LMAX est oriente trading haute frequence, ceci etait impossible avec les moyens standards. Ils ont donc crée un environnement low latency innovant et ont été profesionellement primé a ce niveau. Et, encore plus surprenant, ils ont rendu open source le code de leur framework appelé “disruptor“.

Pour information, Alpha Novae est partenaire de LMAX et réalise actuellement un bridge permettant de dupliquer les ordres exécutés via MT4 sur LMAX.

Finalement la journée s’est terminée entre petits fours et discutions endiablées entre les participants. Nous avons été trés heureux de pouvoir rencontrer quelques clients et d’avoir pu discuter de quelques projets et partenariats intéressants.

Jérémy pour Trading Automatique

Interview d’un gagnant de concours de trading automatique organisé par Dukascopy

 

Voici un interview en anglais de Paul Lam, gagnant du concours de trading automatique du mois d’Aout organisé par Dukascopy. Vous pourrez télécharger le code de son auteur sur son site personnel Quantisan.com. Un trader qui n’a pas pris la grosse tête puisqu’il explique même pourquoi les gains du concours ne sont pas reproductibles en réel…

 

Passez du trading démo en réel avec succès

 

Voici un témoignage de Fred, alias Informatix, sur les embûches du passage au réel. Vous pourrez retrouver les commentaires et participer à la discussion ici sur le forum.

Comme certains sur Trading Automatique n’ont pas encore passé le cap de la démo, attendant de trouver la stratégie miracle qui leur donnera suffisamment confiance pour passer au réel, je vais essayer de leur expliquer ce qui les attend. Bien entendu, ça ne reflète que mon expérience.

1) Ca y est ! Vous avez enfin une stratégie avec des backtests flatteurs. Vous l’avez appelé “MakeMeRich”, les yeux pleins d’espoir, et vous avez ouvert un compte réel où vous avez migré vos économies. Première erreur: on ne joue sur les marchés que son argent de poche, jamais de l’argent dont on peut avoir besoin. Ce n’est pas seulement une question de prudence, c’est indispensable pour votre état d’esprit, pour la maîtrise de vos émotions. L’énorme différence entre la démo et le réel, c’est l’aspect psychologique. Le stress et la peur vont vous faire faire beaucoup de bêtises. D’autant plus si les sommes que vous allez perdre correspondent à des choses dont vous devrez vous privez (des vacances à l’étranger, une nouvelle voiture, etc.).

Il m’est arrivé de gagner 47 fois d’affilée sur un compte de démo et de faire une perf de +60% en une semaine. Or 60% en réel, c’est ce que je voudrais bien faire en une année. Quant à gagner 47 fois d’affilée (bon, OK, j’ai battu ce record en réel, mais avec des mises ridicules)… Autrement dit: la démo vous donne une fausse confiance dans vos capacités de trader. Vous n’aurez une idée claire de votre potentiel que lorsque vous serez passé au réel, donc commencez avec peu d’argent et des mises raisonnables. Il n’y a aucune honte à plomber son compte au début. J’ai perdu deux fois 50% de mon compte à mes débuts en quelques jours (et c’est dans un état d’extrême fébrilité et de stress dévorant que j’ai regagné cet argent, ce qui n’était pas très agréable pour mon entourage).

2) Il faut savoir trader à la main, même quand on est un pur trader auto. Pour une raison très simple: vous rencontrerez de temps en temps des problèmes techniques qui vous obligeront à sortir de vos positions à la main. Exemple classique: le broker a envoyé une cotation erronée et la rectifie en réajustant toutes les positions. Votre trade a été annulé puis réouvert, mais sans son Magic Number. Votre EA ne peut plus l’identifier. C’est à vous de gérer les choses maintenant. Si vous paniquez en manuel, si vous manquez de confiance en vous, votre trade sera perdu et vous aurez du mal à couper cette perte, ce qui amplifiera encore le désastre.

3) Les problèmes techniques sont rares mais ils existent et, dans un système de suivi de tendance, ils peuvent vous faire perdre le super trade qui n’arrive qu’une ou deux fois par an et qu’il vaut mieux ne pas rater (ça m’est arrivé en début d’année). Plus souvent, vous serez confrontés au cas des trades qui n’ont pas été ouverts ou fermés comme vous l’espériez et les résultats de l’EA vont s’en ressentir. Par mesure de prudence, vous devez envisager que votre drawdown en réel sera nettement supérieur au drawdown estimé d’après les backtests.

4) Le slippage ! C’est quelque chose qu’on ne voit pas en démo car tous les ordres sont exécutés au prix demandé. En réel, il n’est pas certain que vous obtiendrez le prix affiché. Exemple récent: j’avais une position de 6 lots sur l’EURUSD qui végétait depuis plus d’une heure autour de 1.2660. Je décide de sortir quand les cours atteignent 1.2665. Or, nous sommes en pleine nuit et je ne suis pas le seul apparemment à vouloir ce prix. Résultat: je suis exécuté à 1.2657. 8 points plus bas ! Des centaines d’euros de perdues !

La plupart du temps, on a le prix qu’on demande, surtout si on a des petites mises et qu’on trade dans les heures les plus liquides du marché. Mais vous verrez de temps en temps des écarts significatifs avec ce que vous demandez et vous verrez même des stops ou des take profits non exécutés parce qu’il n’y a personne en face (généralement quand le prix a formé un pic très bref ou à l’heure des news).

4) S’ajoutent aux problèmes techniques et au slippage, les événements rares de marchés. Ces trois dernières années, j’ai vu trois ou quatre situations que je pensais presque impossibles (du genre, 6 pertes d’affilée pour une stratégie qui n’avait jamais perdu plus de 2 fois d’affilée depuis 1999). Même si votre stratégie n’utilise pas de stop, mettez au moins un stop anti-ruine, placé suffisamment bas pour ne pas gêner votre stratégie, mais très utile pour sauver une partie de votre compte si les cours s’écroulent comme lors du flash crash du 6 mai 2010.

5) Pour en revenir au point crucial de la gestion de soi, il vous arrivera peut-être (mais je ne vous le souhaite pas) de vous retrouver face à un gros drawdown et à des questionnements sur vos différentes stratégies. On perd facilement les pédales quand son compte a fondu comme neige au soleil. On commence à douter de sa meilleure stratégie, même si celle-ci n’a pas un drawdown supérieur aux attentes. On hésite entre réduire ses positions pour diminuer son risque (mais on diminue du même coup ses chances de redresser la situation), arrêter les stratégies les plus déficitaires (mais peut-être n’ont elles connu qu’un problème passager) et vouloir prendre encore plus de risque en mettant en oeuvre de nouvelles stratégies ou en augmentant la mise des meilleures stratégies.

En réduisant vos positions, vous allez beaucoup moins stresser (les pertes ultérieures seront moins importantes, les mises vous feront moins frémir) et vous gagnerez cette sérénité nécessaire pour bien analyser la situation et remettre la machine en marche. A contrario, augmenter les mises (comme le proposent certains EA du commerce quand ils perdent) va vous faire stresser encore plus et, à la prochaine grosse perte, vous allez franchement faire n’importe quoi. Quant à arrêter vos stratégies, ça n’a pas grand sens si vous avez des backtests solides pour vous montrer qu’il ne s’agit que d’un accident. Mais c’est psychologiquement inconfortable de continuer à faire confiance à une stratégie qui a beaucoup perdu. Donc, pour votre santé mentale, il vaut mieux l’arrêter quelques temps, puis la remettre en service quand elle aura fait la preuve dans des backtests récents qu’elle est redevenue profitable.

En espérant que ça vous aidera à affronter le monde impitoyable du trading en réel,
Fred

Vous pourrez retrouver les commentaires et participer à la discussion ici sur le forum.

Interview et témoignage d’Edouard Martin, trader

 

Pour ce deuxième témoignage de la série “Le trader et sa machine“, voici l’interview d’Edouard Martin, trader et client du service de programmation de Trading Automatique.


– Bonjour Edouard et merci de nous consacrer un peu de temps. Pour commencer, puis je te demander quel est ton background?

Tout d’abord, bonjour Nicolas et bonjours aux lecteurs de Trading Automatique.

J’ai une formation de Master en Economie et Finance des marchés de université de Genève. Comme expériences, j’ai plusieurs années de trading pour compte propre, d’enseignement des marchés financiers, de développement de modèle de money management pour le trading, et je suis également le crétateur d’un blog consacré aux marchés financiers et spécifiquement au money management : www.trendis-yourfriend.com

– J’en comprends donc que le passage au trading automatique est quelque chose de relativement nouveau pour toi. Qu’est ce qui t’a poussé à franchir le cap?

Passer en trading automatique exige premièrement une formalisation complète et pointue de sa stratégie de trading. C’est un exercice salutaire pour tout trader car il permet de mettre sur papier la routine employée qui n’est finallement pas toujours limpide. Ce processus permet de se poser les bonnes questions.

Ensuite, le passsage en trading automatique permet de résoudre une des principales difficultés auxquelles est soumis tout trader : la gestion de soi-même et plus particulièrement de ses émotions dans le cadre du trading. Plusieurs journées négatives à la suite sont de nature à provoquer chez le trader des comportements non conformes à la stratégie arrêtée au départ.

Enfin et surtout, le trading automatique me permet d’économiser énormément de temps : inutile de rester scotcher devant l’écran durant la journée.


– Qu’est ce qui a changé dans ton trading apres l’automatisme?

Au final, rien ne change fondamentalement dans mon trading. La routine employée est la même qu’en manuel. Le trading automatique permet toutefois de ne manquer aucun signal et d’être encore plus réactif qu’en manuel. Je peux par ailleurs dégager du temps pour me consacrer au développement d’autres stratégies.

– Parlons donc un peu plus de cette activité de recherche caractéristique du trading automatique.

Avant d’arriver à implémenter ma stratégie, je suis passé par plusieurs étapes (travail de plusieurs années) afin d’identifier l’ensemble des éléments me permettant de développer une stratégie gagnante sur le long terme. Ce cheminement ne s’enseigne pas à l’université. Pour qu’une stratégie puisse gagner sur le long terme, il faut qu’elle repose sur 3 pilliers : un directionnel efficace, une gestion des risques maitrisée et un money management adapté. S’il manque un de ces trois pilliers, j’ai constaté que l’on finit toujours par perdre sur le moyen et long terme. C’est mathématique.

– Edouard, peux tu nous en dire un peu plus sur tes projets?

Le trading automatique est un fantastique accélérateur s’agissant de la réalisation de projets en lien avec la gestion de fonds et la commercialisation de signaux de trading. Les nouvelles technologies permettent de réaliser des projets impossibles à mettre en oeuvre il y a encore quelques années.
Par exemple, il est aujourd’hui possible de suivre les meilleurs traders et de sosucrire à leurs signaux sur un certain nombre de sites webs dédiés tel que Zulutrade.

Grâce au service de programmation de trading automatique, nous avons pu totalement automatiser notre stratégie de trading sur le FOREX. Celle-ci tourne désormais 24h/24h sur un serveur dédié et génère des performances conformes aux back tests.

La stratégie repose sur les 3 piliers indispensables à la production de profits sur longue période :

1. Le directionnel (système d’entrée-sortie de positions)
2. La gestion des risques (fixation systématique de stop loss, diversification du nombre de paires de devises tradées, gestion du nombre maximal de positions ouvertes et du levier)
3. Le money management (gestion de la taille des positions)

L’automatisation du trading a l’énorme avantage de supprimer les biais psychologiques auxquels le trader est fatalement confronté.

La stratégie est reliée à Zulutrade, lui donnant une visibilité publique, et permettant à tout trader de profiter du potentiel de la stratégie en y souscrivant ici comme “follower”.

Les résultats obtenus sur Zulutrade sont analogues aux backtests et donc très satisfaisants :

* Pips moyen par trade : entre 10 et 15 (net de spread)
* Nombre de trade annuel moyen : entre 1’000 et 1’400
* Nombre de paires de devises tradées : 5
* % transactions gagnantes : entre 60% et 70%
* Ratio Gain/Perte (Win loss ratio) : entre 0.8 et 1
* Espérance mathématique : entre 0.10 et 0.20
* MAR Ratio annuel : entre 2 et 10 (Un MAR ratio de 10 signifie que la stratégie produira 10*X% de rendement pour X% de Drawdown)

Pour un compte à 10’000, et 0.1 lot standard engagé par trade, la stratégie donne une performance moyenne annuelle de 100% pour un Maximum Drawdown moyen de 20%.

– Edouard, merci beaucoup pour toutes ces informations et bonne chance dans la suite de tes projets.

Pour ma part, je souhaite remercier l’équipe de Trading Automatique et plus particulièrement Nicolas Vitale, à la fois pour l’excellent travail réalisé mais aussi pour la grande patience dont il a fait preuve.

 

Si vous aussi, vous souhaitez donner votre témoignage en rapport avec le trading et l’informatique, contactez-nous dès à présent.